Bières et Plaisirs › Brasseries
Chronique
Un Lion Bleu au pays des bleuets!
Au cœur d’Alma, David Otis et Pierre Harvey opèrent depuis cinq ans le Lion Bleu, une microbrasserie qui a su faire sa place parmi des institutions emblématiques de la région. Avec son offre brassicole variée, son récent passage à la canette et son visuel flambant neuf, elle entend maintenant renforcer sa présence dans le salon de plusieurs amateurs de bière.
Par David Sparrow, . 13 min de lecture.
Si Pierre s’affaire davantage à l’administration et à la gestion des employés du Lion Bleu, David se concentre, quant à lui, sur les opérations et le brassage. Une division claire des tâches qui porte ses fruits depuis le tout début et qui mise sur les forces respectives de chacun des propriétaires.
En plus de son bagage de brasseur maison, David a fait ses premiers essais professionnels à la Succursale avec Jean-Philippe Lalonde. « C’est le premier à m’avoir laissé l’assister afin de connaitre la journée d’un brasseur. Je l’ai connu en tant que client et il a accepté de me coacher pour une journée », indique-t-il. Il récidive par la suite avec nul autre que Luc Boivin de la Microbrasserie des Beaux-Prés.
De son côté, Pierre a travaillé comme représentant pharmaceutique et a également œuvré dans le monde de la distribution de bière, notamment chez Distribution JPG. Le milieu de la bière lui est ainsi familier.
Une rencontre fortuite
Alors qu’il habite Montréal, David se met au brassage maison et projette d’éventuellement démarrer une brasserie artisanale. C’est lors d’une formation spécialisée avec Michel Gauthier qu’il fait la rencontre de Pierre.
« J’ai rencontré Pierre là-bas, il était justement à la recherche d’un partenaire-brasseur pour démarrer une brasserie. Il avait déjà un bon bout de planification de fait. On s’est par la suite fait une petite retraite dans le bois afin de voir si l’on s’entendait assez bien pour se lancer en affaire ensemble », raconte David. Malgré la différence d’âge – Pierre est d’une dizaine d’années l’ainé –, les deux partenaires d’affaires passent le test et le projet se concrétise.
Le temps venu de choisir l’emplacement, l’ancien bar Elliot, situé au coin des rues Saint-Joseph et Sacré-Cœur semble l’endroit tout indiqué bien qu’il ait mauvaise réputation puisque s’y sont succédé plusieurs projets qui n’ont pas fonctionné. « Le spot était un peu brulé comme on dit… Même si notre projet était attendu en grande pompe, on est situé juste à côté du Crapaud et pas très loin de la brasserie Chez Mario Tremblay », renchérit David.
Lors de sa première année, le Lion a dû concocter ses produits chez différentes brasseries, dont Frampton Brasse, la Microbrasserie des Beaux-Prés et le Loup Rouge. Elle est d’ailleurs heureuse de continuer à offrir quelques-uns de leurs produits pendant un certain temps après l’arrivée de ses équipements.
Des bières de spécialité
Pour leurs premières bières, David et Pierre ne voulaient pas faire de la blonde et de la rousse. Ainsi, le Lion Bleu a d’abord proposé plusieurs IPA, une Hefeweizen, une Weizen IPA misant sur le fruit et une Cascadian Dark Ale. Dès le départ, des produits sont disponibles en bouteille de 750 ml chez divers détaillants. Ceux-ci sont bien accueillis tant en région qu’à Québec et Montréal.
Alors que les IPA commencent à dominer le marché, pour la clientèle locale, une petite adaptation est nécessaire afin d’apprivoiser la Double IPA très aromatique et généreusement dry hoppée. Elle connait rapidement un franc succès sur les tablettes des commerces spécialisés, ce qui donne un bon coup de pouce à la brasserie.
Fait notoire, le Lion Bleu compte également sur le tout premier système de brassage Dirty Pigeon, entièrement fabriqué au Québec. Le tout leur avait été recommandé par Luc Boivin, le parrain qui a épaulé David et Pierre au tout début de l’aventure.
Une offre adaptée en cuisine
À l’ouverture, l’établissement ne compte pas de gérant, l’apprentissage se fait donc en temps réel. En cuisine, le menu est développé avec l’aide d’un consultant, mais la brasserie engage rapidement un ami de David avec de l’expérience aux fourneaux, Marc-André Simard. Il y est encore aujourd’hui.
« Après l’ouverture, on a connu un gros boom, on a un peu adapté la formule de restauration pour trouver notre place et le tout a bien fonctionné », indique le brasseur. On retrouve ainsi une offre de pub bien honnête avec un penchant pour les tartares. À l’arrivée du printemps, le festival du tartare de la brasserie propose d’ailleurs près d’une quinzaine de sortes.
Au menu, on propose entre autres un tataki de bœuf, un gravlax de saumon, du fromage popcorn, des cornichons frits, une belle gamme de tartares, dont le délicieux bœuf chorizo, ainsi que quelques classiques, tous bien exécutés. On apprécie d’ailleurs la sélection pour enfants figurant sur la carte.
Nouveau look et passage en canettes
Le Lion Bleu tire son origine des pubs anglais d’antan qui affichaient une enseigne avec uniquement l’image d’un animal au lieu d’y inscrire un nom. Comme notre Lion a les pattes au Lac, il prend le nom de Lion Bleu.
C’est ce concept d’animaux bleus qui a entre autres été exploité lors du récent rebranding avec LG2. « On voulait vraiment miser sur le fait de pouvoir reconnaître la brasserie par l’image de ses produits. Pour la série classique, on mise sur un ustensile pour représenter ou évoquer la saveur de la bière », ajoute David. Pour la gamme expérience, c’est simplement le profil de saveurs qui est utilisé pour en évoquer le nom.
On a aussi troqué la bouteille de 750 ml et son look prestigieux pour une canette de 473 ml, un format qui permet notamment d’augmenter le nombre d’unités et par conséquent de détaillants. « Les détaillants nous ont fait comprendre que le format de 750 ml est moins facile à travailler et parallèlement, la canette est devenue plus abordable », explique David.
Le virage canette est presque complet, mais tout ce qui est barriqué continuera d’être offert en bouteille. On misera plutôt sur un format 500 ml pour les prochaines nouveautés issues du chai.
Beaucoup de produits sortiront dans les prochains mois, dont un Imperial Stout. C’est sans compter qu’une cinquantaine de barriques patientent au sous-sol avec différents produits prometteurs, notamment une Lager conditionnée en fut de chêne avec bleuets et Brettanomyces.
En couverture, à gauche, David Otis accompagné de Pierre Harvey, copropriétaire.
Retourner aux sources pour partir en lion
La suite est réservée aux membres Premium
Cet article a plus de 30 jours : il fait maintenant partie des archives, réservées aux membres Premium. L’abonnement coûte 30 $ par année et donne accès aux trois univers, aux rabais chez les partenaires et au Concierge Terroir.
Aussi dans Bières et Plaisirs
- Un dépanneur du Bas-Saint-Laurent obtient le premier permis de bière en libre-service au Québec Actualité, 21 septembre 2026
- La Foire Brassicole du quartier Saint-Sauveur revient au parc Durocher les 25 et 26 septembre Actualité, 19 septembre 2026
- Beyond the Pale : la microbrasserie d'Ottawa qui a grandi sans cesser de s'amuser Chronique, 19 septembre 2026
- Sur le vif – L’IPA américaine : pas ce que vous pensez ! Vidéo, 18 septembre 2026
- La Grande Coulée souligne sa 10e édition du 18 au 20 septembre au Mont-Orford Actualité, 18 septembre 2026


Commentaires 0
Connectez-vous pour commenter.