Bières et Plaisirs › Brasseries
Chronique
La microbrasserie au cœur de Val-D’Or
Située en plein cœur de Val D’Or, et ouverte il y a maintenant cinq ans, Le Prospecteur est depuis devenu en quelque sorte le cœur de la ville minière de l’Abitibi.
Par Jean-François Pilon, . 4 min de lecture.
Installée à un jet de pierre de la 117 (en fait, la 3e avenue est pratiquement LA 117), cette microbrasserie est, pour plusieurs, un arrêt obligatoire une fois sorti ou bien avant d’entrée dans la réserve faunique de La Vérendrye.
La clientèle est donc variée, mais tous arborent un sourire semblable. Un sourire heureux, certes, mais comportant une sorte de connivence. Comme s’ils partageaient un secret. Peut-être celui d’avoir trouvé quelque chose d’unique, un trésor caché? Pourtant, on est sur une artère importante, juste entre l’Église et la caisse Pop. Il n’y a pas plus évident que cela dans la ville… Bon peut-être la mine… Alors pourquoi cet air?
La visite
Notre passage n’était pas imprévu : on participait à un voyage organisé par David, le sympathique représentant commercial du Trèfle Noir. Nous avion quitté Montréal le matin même et étions en route vers les célébrations du dixième anniversaire du Trèfle Noir (NDLR : voir pages 44 à 46).
Il était prévu que l’on y ramasse Philippe Lord, le copropriétaire du Prospecteur. Il nous attendait donc de pied ferme. Mais pas parce qu’on avait fait une pause un peu trop longue à Mont-Laurier. Non : il avait juste franchement hâte de nous faire faire le tour du proprio. On était une vingtaine de touristes brassicoles, la salle principale était pas mal vide, mais pas la terrasse sur le toit.
La visite nous a permis d’apprécier l’efficacité de la petite salle de brassage, l’ingéniosité des systèmes de transfert vers le chai et la salle de conditionnement et d’embouteillage, et aussi, le charme du magasin général. Oui, car, comme à Disney, la sortie passe par la boutique. Tant pis pour Banksy.
Des bières droites et franches
On s’assoit ensuite pour déguster la véritable raison de notre passage (‘scuse Phil) : la bière. La Trifopoivrée, une Saison aux trois faux poivres (cubèbe, Voatsiferipery et des dunes), est rafraîchissante. On avait vu au sous-sol l’impressionnant chai de où est issu l’Impérial Ulrick Cognac, un Stout impérial café, cacao et vanille ayant séjourné sept mois en barrique de cognac. Un dessert bien balancé qui cache assez bien ses quelque 11,2 % d’alcool.
Mais, la Tête de Pioche (brassin 171), une IPA à l’américaine inspirée de la côte ouest, nous a séduits. Solide, droite, rafraîchissante et à la complexité intéressante, cette bière houblonnée possède des notes agréables d’ananas et de subtil sapin. Et que dire de sa longue finale? Chaque brassin est différent. Celui-ci est magnifique.
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