Chronique
Dans la caverne d’un collectionneur
Vrai passionné des brassins d’ici, Pierre Clermont a entièrement consacré le sous-sol de son bungalow de Laval à sa collection d’artéfacts de la bière québécoise; des bouteilles surtout, une collection frôlant les 2800 unités entassées autour du « salon de dégustation », des tire-bouchons, cabarets et pléiade d’objets choisis soigneusement qui apparaissent çà et là parmi les bouteilles. Et tandis que dans la pièce attenante, une dizaine d’autres bouteilles refroidissent au frigo en attendant d’être savourées et enfin exposées à leur tour, le collectionneur, lui, se casse la tête à leur dénicher un espace futur… « Il reste tout le portique », lui a suggéré son épouse.
Par Valerie R. Carbonneau, . 4 min de lecture.
M. Clermont est bien placé pour témoigner de l’engouement de la dernière décennie pour les produits brassicoles artisanaux à travers la province, car plusieurs des objets qu’il affectionne ont gagné beaucoup en valeur. Parfois, les prix se sont tellement enflammés qu’ils ont triplé ! C’est d’ailleurs le cas pour les simples cabarets qu’il payait maximum 30 $ il y a deux ou trois ans; aujourd’hui, il ne s’en sort pas en dessous de 100 $.
S’il a développé un intérêt pour la collection d’objets de la bière, c’est bien grâce à son fils qui cumulait les bouchons de bière pendant les années 1990 et qu’il s’est mis à aider, tout bonnement. « Puis, un moment donné, tu alignes des bouteilles et tu te dis que ça fait beau », partage celui qui s’est mis à conserver des bouteilles qu’il prenait de plus en plus plaisir à vider de leur contenu. Paradoxalement, même s’il est dessinateur de formation, M. Clermont n’accorde pas plus d’importance qu’il faut à l’esthétique des bouteilles et des étiquettes…
Qui plus est, s’ajoute aujourd’hui à ces milliers de bouteilles, une collection parallèle qui, à un an de sa retraite chez Bombardier Aéronautique, devient un « projet de retraite » d’autant plus concret avec lequel le passionné véritable entend entrer en hibernation chaque hiver que la nature emmènera : des archives de vieilles publicités de brasseries québécoises qui se comptent déjà par milliers et qu’il voudrait prendre le temps d’analyser, une par une. « J’ai hâte d’avoir le temps de fouiller et de pousser mes recherches en remettant les évènements et l’histoire en contexte… Les pubs du temps du krach boursier de 1929 ou de l’obtention du droit de vote pour les femmes en 1940, par exemple. »
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