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Chronique
Eau et eau de vie
Par Jean-François Pilon, . 5 min de lecture.
Pour plusieurs, ajouter quoi que ce soit à son whisky est un anathème. D’entrée de jeu, je vous dirais de ne jamais laisser personne vous dire comment il faut boire votre whisky, mais il est important d’avoir tous les faits en main.
H2O
Il faut savoir que l’on utilise de l’eau lors du maltage, du brassage, lors de la mise en fût et à l’embouteillage, afin d’en réduire le titrage. L’eau joue donc un rôle majeur tout le long du processus de fabrication du whisky.
Quand on ajoute de l’eau au whisky, il se créé plusieurs réactions physico-chimique. Une est facilement visible : la création de vortex. Certains appellent ce phénomène le réveil du serpent. Plus le taux d’alcool est fort, et plus il y en aura.
Une certaine énergie est aussi libérée, ce qui augmente légèrement la température du liquide (réaction exotherme), libérant ainsi les composés les plus volatiles du whisky. On dit alors que le bouquet de celui-ci s’ouvre.
Aussi, en réduisant la force de l’alcool, on diminue son effet anesthésiant sur le nez. Ce qui permet d’en apprécier davantage les arômes. N’oublions pas que c’est plutôt puissant. Alors, au lieu de grimacer, ajoutez de l’eau et rehaussez le plaisir.
Cette même réduction, selon Rachel Barrie, maître assembleur pour Morrison-Bowmore, rend la langue plus réceptive aux saveurs salines et fruitées plutôt que celles sucrées et épicées souvent initialement perçues. Elle note d’ailleurs que : si le miel, le toffee, le citron et la tourbe sont les flaveurs dominantes du Bowmore 12 ans; l’eau fera ressortir des agrumes frais, du sel de mer, des amandes, de la pêche, de l’ananas, de la saumure, de l’anis et de la menthe.
Et si les composés volatiles insolubles sont libérés au-dessus du verre, les solubles vont se répandre à l’intérieur. Si on continue à ajouter de l’eau, les composés insolubles plus lourds vont commencer à se précipiter, créant un effet trouble, comme un brouillard. Le whisky nous semblera, en bouche, plus crémeux : la langue étant alors en mesure de percevoir ces agglutinations. Celles-ci seront évidemment plus présentes dans les whiskys non filtrés à froid, plus âgés ou ceux ayant séjournés longtemps en ex-fûts de xérès.
La glace ?
Si cela fonctionne avec de l’eau liquide, est-ce que cela peut aussi fonctionner avec sa forme solide ? Absolument ! Par contre, il faut bien contrôler le taux de dilution. Le plus simple est d’utiliser un seul gros glaçon bien dur, idéalement sphérique. Celui-ci fondra plus lentement, permettant ainsi de profiter pleinement de votre whisky, même par journée chaude.
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