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Chronique
Le brassage maison, un hobby en ascension
Par Francis Richer, . 6 min de lecture.
Fabriquer son propre alcool a toujours fait partie de la tradition au Québec, tout en restant un peu tabou. On a tous aussi l’image de l’oncle un peu bizarre qui fabrique son vin maison à la cave, un peu en cachette. Ce vin maison que tout le monde déguste par politesse en grimaçant.
Heureusement, les temps changent, et les mentalités aussi. La croissance exponentielle dont a joui la bière de microbrasserie au cours des dernières années au Québec a entraîné non seulement une multiplication des brasseries, mais aussi une hausse généralisée de la culture brassicole. Les gens s’intéressent de plus en plus au produit, à ses ingrédients, à sa fabrication et à tout ce qui l’entoure. Cette vague a aussi traîné avec elle le brassage maison, qui a fait des bonds de géants depuis quelques années.
Cette effervescence a apporté une multiplication des boutiques spécialisées en fabrication de bière, de vin, de cidre, d’hydromel ou d’autres boissons fermentées. On a observé aussi une augmentation substantielle de l’offre de littérature sur le sujet. Les bouquins de références explosent en nombre et en qualité. Le brassage amateur est plus accessible que jamais. On retrouve de nos jours une vaste communauté de brasseurs maison aussi passionnés que créatifs, toujours assoiffés de nouvelles connaissances. Brasser sa bière n’est plus un tabou, mais bien une fierté. De plus, la qualité des ingrédients et des équipements disponibles aujourd’hui permettent de produire des bières non seulement potables, mais aussi de développer des recettes plus que délicieuses, qui peuvent dans certains cas rivaliser avec la qualité qu’on peut retrouver en microbrasserie.
La fabrication de la bière en bref
Les céréales maltées utilisées dans la bière (généralement l’orge et le blé), sont gorgées d’enzymes capables de transformer l’amidon qu’elles contiennent en sucres. C’est lors de l’empâtage, étape où l’on infuse le malt dans l’eau chaude, qu’à lieu cette transformation. On obtient donc, après la filtration de ce mélange, un jus sucré, qu’on appelle moût. C’est la base de notre bière.
Le moût est par la suite stérilisé par une ébullition. Lors de celle-ci, on y ajoute aussi du houblon. Il s’agit d’une plante grimpante de la famille des cannabinacées, dont on utilise les fleurs femelles, qui apportent amertume, saveurs et arômes. On y ajoute aussi parfois des épices, des herbes ou autres aromates.
Après ébullition, le moût est fermenté. Pendant ce processus, la levure transforme le sucre en alcool et en gaz carbonique. C’est la base de la fermentation alcoolique, qu’on retrouve aussi dans le vin, le cidre, et dans une grande variété de boissons. Pendant la fermentation, la levure dégage aussi différents composés aromatiques qui viennent définir le profil de la bière.
Ces grandes lignes de la fabrication sont les mêmes pour le brasseur maison que pour la grande brasserie commerciale. Les différences se situent dans les équipements et les techniques utilisées pour arriver au résultat.
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