Chronique
2015 met de la pression sur 2016
Le 31 décembre 2014, juste avant le décompte, j’étais engourdi d’émerveillement au Small Bar, un des joyaux de Scot Blair, légende locale derrière Hamilton’s Tavern, Monkey Paw et South Park Brewing Co. Je me trouvais devant un champ d’herbes hautes résineuses et denses à défricher, le coeur gonflé d’anticipation, encore sur le même nuage des 10 derniers jours. J’étais très attentif, comme si je ne voulais pas laisser ce moment me glisser entre les doigts. San Diego était à ma merci et je n’allais pas être tendre avec elle.
Par Martin Hébert, . 5 min de lecture.
Voilà que nous1 sommes maintenant en 2016 et le nuage ne s’est toujours pas dissipé. Je vais laisser ici quelques grandes lignes de 2015 pour mettre un peu de pression sur 2016. Parce que tout reste à découvrir. Encore.
Bagby Fest et les autres
Les évènements brassicoles ne manquent pas en Californie, que ce soit le samedi soir ou pour le brunch du mardi. Pour avoir un équilibre relativement sain, ça prend des oeillères bien opaques et un bon bagage de discernement. Ils ne valent pas tous la peine, bien sûr…
Chaque évènement incluant le mot « Stone » en fut un mémorable, du brutal Rare Beer Breakfast garni de mac n’cheese à 8 h le matin jusqu’au titanesque 19e anniversaire et ses choix déchirants. La panoplie de Sour Fest dont ceux de Stone Brewing Co, Beachwood BBQ, Modern Times mais également celui, plus décadent, organisé par Churchill’s Pub avec son menu bouffe assemblé autour d’un très médiéval Osso Bucco. Dans les plus marquants, il faut également inclure Phantom Carriage Night Of The Living... Barrel Aged Dead, Alesmith Speedway Grand Prix, Wet Hop Week End at O’Brien’s et la semaine houleuse de la Brewers Association Craft Brewers Conference à Portland.
Malgré tout ça, un rassemblement demeure au-dessus de la masse : le Bagby Fest. Une décision de dernière minute qui s’est avérée payante à tous les niveaux. Pour commencer, c’était intime, sans prétention, sans bousculade et épicé d’échanges avec des figures imposantes du monde brassicole de la côte Ouest. L’organisation souple et fluide ne faisait qu’enrober l’ambiance déjà moelleuse avec les multiples stations d’agencement bouffe-bière et les Mariachis survoltés. Cette journée-là, j’y ai bu des liquides qui, encore aujourd’hui, figurent parmi les plus imposants de 2015.
Des géants en métamorphose
Alpine, bien assise sur sa réputation indiscutablement légendaire, et Modern Times, avec sa fougue d’adolescent surdoué, ont subi les plus formidables métamorphoses depuis le jour 1 de notre périple.
Pour Alpine, ce fut principalement l’accession à un plus grand nombre de palais par l’entremise de Green Flash et son vaste réseau de distribution. Je n’entrerai pas dans les détails de la transaction mais mon opinion n’a plus vraiment d’importance une fois que j’agrippe une pinte de HFS. Cette vielle peau qu’elle a laissée derrière avait son charme évidemment, on y mangeait du BBQ avec des ustensiles en plastique avant d’aller digérer le tout dans la cour arrière, royaume de la pinte souvent inégalée, inégalable. Depuis, un salon de dégustation aéré et une taverne moderne ont vu le jour et les nouveaux brassins se multiplient. Finalement, la brasserie est plus active que jamais et les produits réguliers, brassés par Green Flash, se trouvent plus facilement.
Du côté de Modern Times, la situation est totalement différente. Depuis le début, la brasserie jouit d’un flair marketing exceptionnel qui lui a permis de sauter des étapes tout en produisant des produits de qualité. Jacob McKean a fait beaucoup de chemin depuis sa campagne Kickstarter. Il a su bien s’entourer et créer un milieu de travail unique dont la réputation dépasse parfois même les fruits de la cuve. On n’a qu’à penser à Michael Tonsmeire, a.k.a The Mad Fermentationist, comme assistant dans l’élaboration du Barrel Program. Une brasserie, donc, très à l’affut d’elle-même et des clés pour réussir, qui a investit et investira des millions dans les prochains mois, années. L’adolescent a soudainement une barbe épaisse et tout le monde veut la palper.
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