Chronique
L’alcool, service essentiel?
Le 13 mars dernier, en ordonnant à l’ensemble des entreprises du Québec de fermer leurs portes dans l’espoir de contrôler la pandémie de la COVID-19, le gouvernement a décrété la fabrication d’alcool comme service essentiel. Les entreprises de ce secteur ont pu demeurer en activité.
Par Geneviève Quessy, . 5 min de lecture.
L’alcool, service essentiel? La décision a fait sursauter une frange de la population. « Prendre un petit verre de vin, c’est relaxant », a répondu à la blague le premier ministre François Legault aux journalistes qui le questionnaient. Des raisons sérieuses motivaient pourtant cette décision.
En plus de craindre un effet de panique où les gens se seraient précipités en magasin pour faire des provisions, « le gouvernement cherchait à éviter que certaines personnes s’approvisionnent sur des marchés noirs ou alternatifs », explique la porte-parole du ministère de la Santé et des Services sociaux, Marie--Claude Lacasse.
Éviter des sevrages difficiles préoccupait également le gouvernement Legault, selon elle. « Bien que l’alcool soit une substance légale, un nombre non négligeable de personnes en sont dépendantes ou subissent des méfaits associés. Les effets d’un sevrage non contrôlé peuvent avoir des conséquences graves. »
L’industrie de la bière et des spiritueux est ainsi demeurée en activité. Pourtant, tout n’est pas rose pour autant…
Le monde pluriel de la bière
La fabrication d’alcool a pu continuer, mais les salles à manger et les bars ont du fermer. Selon son modèle d’affaires, chaque microbrasserie a été affectée à sa façon.
« L’industrie de la microbrasserie est plurielle », explique Marie-Eve Myrand, directrice de l’Association des microbrasseries du Québec (AMBQ). « Ce n’est pas la même réalité pour un brouepub qui vend sa bière seulement sur place, ou pour une micro qui distribue en canettes via les magasins et épiceries demeurés ouverts. C’est encore différent selon que l’on soit en région ou en ville. »
La crainte de voir des tablettes vides, manifestée par les consommateurs en début de confinement, ne s’est pas matérialisée.
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