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Chronique

Un gage de qualité

En moins de trois ans, la Brasserie Mille-Îles de Terrebonne a fait sa place sur la scène artisanale québécoise grâce à l’exécution fort réussie de ses produits représentant les grands classiques de l’univers brassicole. La brasserie ne fait que commencer à proposer quelques bières un peu plus éclatées et certaines font déjà beaucoup jaser.

Par David Sparrow, . 13 min de lecture.

Un gage de qualité
Alexandre Tourangeau photographe
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Plus jeunes, les deux frères Maxime et Étienne Lapointe ne planifiaient pas ouvrir une brasserie, mais ils avaient depuis longtemps la volonté de démarrer quelque chose ensemble. Alors que la passion pour le brassage artisanal d’Étienne prenait de l’ampleur, Maxime travaillait dans une entreprise d’import-export où il s’est fait la main sur plusieurs tâches administratives. À la demande répétée de leurs amis et avec le précieux soutien de leurs proches, Sylvain et Pascal Archambault, ils décident finalement de se lancer.

Il leur faudra environ trois ans pour monter le plan d’affaires ainsi que le financement. Ils ont acheté leurs équipements avant même de trouver leur bail. Et comme ils viennent de Terrebonne, ils tenaient mordicus à y installer leur brasserie.

« Il ne restait plus beaucoup d’endroits dans la ville pour établir une brasserie, surtout considérant le zonage des différentes options », indique Maxime. Ils ont obtenu une dérogation de la ville afin de pouvoir s’établir à l’endroit actuel dans le Parc 640 Ouest. « Comme c’était un nouveau bâtiment, on a pu monter l’usine en fonction de nos besoins, ce qui nous a permis de faire des économies », poursuit-il. L’emplacement retiré de la brasserie dicte son modèle industriel.

Au départ, Étienne s’affaire aux cuves alors que Maxime se charge des ventes, de la livraison ainsi que d’un peu d’embouteillage. Ils ont aussi la chance de compter sur beaucoup d’aide de la famille et d’amis qui viennent régulièrement donner un coup de main. Trois ans plus tard, la brasserie comptera prochainement 10 employés.

Une progression constante

Même si l’évolution de la brasserie dépasse les scénarios initialement anticipés, les frères Lapointe sont en mesure de voir venir les étapes et de faire évoluer l’entreprise en conséquence en y ajoutant les équipements nécessaires, notamment une canneuse et de nouveaux fermenteurs. Comme pour plusieurs autres, l’espace risque bientôt de manquer; déjà certaines options sont évaluées.

Pour cet agrandissement anticipé, on envisage l’ajout d’un salon de dégustation qui permettrait aux passionnés de venir goûter les produits sur place et peut-être même une petite boutique où il serait possible d’en acheter. « On doit aussi commencer à réfléchir à où on veut s’arrêter; jusqu’à quelle grosseur souhaite-t-on évoluer », avance Maxime.

Souci d’authenticité

Si la brasserie a choisi depuis le jour 1 de miser sur des styles classiques sans trop d’extravagances, elle a pris tous les moyens pour le faire en s’assurant une qualité irréprochable et en travaillant soigneusement ses recettes.

Étienne s’efforce de respecter l’origine des styles afin que les produits soient les plus représentatifs possible de l’inspiration originale. « On voulait commencer à la base et évoluer avec le consommateur par la suite. On souhaitait bien les introduire aux classiques des différentes influences brassicoles et éventuellement se permettre des recettes plus éclatées », raconte-t-il

Ainsi, des produits issus des grandes influences sont initialement apparus : la série belge avec ses bières plus fortes et distinctives, la série anglaise avec des bières plus maltées et rondes, et la série américaine misant beaucoup sur les houblons.

« Pour moi, les produits allemands doivent se faire par décoction et comme on n’est pas installé pour ça, je préfère ne pas en faire pour l’instant. On laisse ça à Vrooden! », explique Étienne qui a néanmoins déjà brassé des Lager même si l’espace limité en cuve rend le tout plus complexe.

La force de Mille-Îles se constate dans le succès de produits qui n’ont pas l’habitude d’être très prisés par les amateurs de bière artisanale. Parmi celles-ci, sa Rousse irlandaise et sa Brown Ale qui figurent assurément parmi les meilleures interprétations de la scène québécoise.

La brasserie compte aussi des produits qui font courir les foules, notamment sa toujours très prisée Double IPA, un festival de houblons liquide, sa Sabro Juicy IPA, l’une des premières mettant officiellement en vedette ce cultivar et sa Espresso Kenya AA, une Lager noire au café infusé à froid qui s’avère un véritable tour de force.

Tout nouvelles, tout belles

Avec la venue de ses canettes, Brasserie Mille-Îles a légèrement modifié la présentation de ses produits et propose maintenant une nouvelle gamme « monochrome » de brassins spéciaux. On y retrouvera dans ses canettes noires diverses déclinaisons de Stout, dans les mauves des Scotch Ale, dans les bleus, des bières belges fortes, notamment Tripel et Quadrupel, puis dans les vertes, des Saisons de toute sorte. On réserve des passages en barriques pour certaines versions.

On souhaite également faire davantage de collaborations ; gardez l’œil ouvert prochainement pour des brassins concoctés avec Shelton, Nanohoublon, Le Fermentor, Épitaphe et MacAllen Farm. Avec d’aussi beaux projets, des nouveautés plus expérimentales et une qualité qui promet de demeurer au rendez-vous, on a bien hâte de voir ce que la brasserie nous proposera dans ses trois prochaines années!

Brasser sans compromis

Étienne Lapointe se passionne pour le brassage artisanal depuis son adolescence. Soucieux de la qualité de ses produits et de l’authenticité de ses recettes, il ne lésine pas pour concocter les bières souhaitées, tant dans le choix de ses ingrédients que dans les techniques utilisées. Si le résultat final ne lui plaît pas, il le jette et recommence. Heureusement, ça n’arrive pas souvent.

Né à Terrebonne, Étienne y a passé son enfance et son adolescence avant de découvrir les bières de microbrasseries par l’entremise d’Unibroue et de son emploi en cuisine au Bières et Compagnie. Lors d’une sortie chez 3 Brasseurs, il se dit qu’il serait en mesure de faire sa propre bière lui-même et se met à faire des recherches pour développer ses connaissances. S’il commence par brasser avec des extraits, il passe après quelques mois au brassage tout grain. Son frère Maxime avait, quant à lui, déjà quitté le foyer familial.

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