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Chronique
Quoi de neuf dans nos houblonnières?
Alors que certains producteurs de houblon jettent l’éponge, d’autres prennent le relais, si bien que le nombre de houblonnières en activité au Québec continue d’augmenter. Qualité, disponibilité, prix compétitifs : il est temps de détruire le mythe qu’il serait difficile de s’approvisionner localement.
Par Geneviève Quessy, . 11 min de lecture.
Selon Julien Venne, agronome spécialisé en houblon au ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ), le nombre de houblonnières serait passé de 35 en 2016, à 46 trois ans plus tard. C’est une formidable expansion considérant que les premières houblonnières se sont mises en place il y a une dizaine d’années.
« On sait que le houblon était cultivé depuis les débuts de la colonie, mais au tournant des années 1900, les grosses brasseries se sont tournées vers les producteurs américains. La production commerciale du houblon est alors pratiquement disparue chez nous. C’est suite à une pénurie internationale de houblon en 2007-2008 que des producteurs ont vu l’opportunité de relancer cette production », raconte Julien Venne.
Certaines variétés sont plus rustiques et semblent mieux adaptées à notre climat, mais le houblon reste une plante sensible aux maladies fongiques et aux ravageurs. Tout un défi pour le producteur.
De la Gaspésie à l’Abitibi, en passant par la Côte-Nord, les houblonnières sont partout. De 48 hectares en 2016, la production est passée à 57 hectares en 2019. Selon le MAPAQ, une vingtaine de variétés de houblon sont cultivées ici; le Cascade étant de loin le plus populaire chez les brasseurs et le plus cultivé. « On arrive à produire un Cascade de très bonne qualité, à des prix très compétitifs », indique Julien Venne.
Le Cascade du Québec aurait même un caractère distinctif, où s’exprime le terroir québécois, selon Luc Fortin, du Domaine Brune Houblonde et administrateur chez Houblon Québec. La coopérative, qui regroupe 13 producteurs de partout au Québec, a créé le QCascade. « Ce houblon est le fruit de la mise en commun des récoltes de cinq membres producteurs. On arrive ainsi à une très grande qualité, un goût uniformisé et une grande disponibilité toute l’année », affirme Luc Fortin.
Du houblon indigène?
La question revient constamment, même si les réponses continuent à receler une part de mystère. Y avait-il du houblon en Amérique du Nord avant l’arrivée des colons? La réponse est oui.
« Il y a deux sous-espèces de houblon natives de l’Amérique du Nord. Elles n’ont pas nécessairement les mêmes attributs que les variétés importées d’Europe, mais ça ne veut pas dire qu’elles seraient impropres à la fabrication de la bière », répond Julien Venne.
Stéphane Bergeron, doctorant en sciences biologiques, pense qu’il est difficile de déterminer si les houblons qu’on retrouve dans la nature sont indigènes ou issus de croisements.
« Les Européens ont importé leurs propres houblons, plus adaptés à l’agriculture, plus performant en termes de rendement. Ces houblons, échappés de culture, se sont naturellement croisés avec les houblons indigènes depuis 400 ans. Donc maintenant, pour savoir si un houblon trouvé dans la nature est indigène ou issu de croisement, il faudrait faire des tests génétiques. »
Un travail de moine
Patrick Savard, horticulteur passionné, a entrepris de développer et commercialiser de tels houblons trouvés à l’état sauvage, pariant que leur rusticité acquise en ferait des produits uniques et particulièrement adaptés à notre climat.
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