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Chronique
Ces pionnières qui ont ouvert la voie
Pour notre deuxième partie de dossier sur les femmes et l’industrie, les pionnières Jeannine Marois, Deborah Wood et Ellen Bounsall ont gentiment accepté de partager leur vision. Trois grandes dames dont le passage lègue certainement un riche héritage dans l’histoire des brasseries artisanales au Québec.
Par Valerie R. Carbonneau, . 7 min de lecture.
Jeannine Marois
Pour la cofondatrice et présidente-directrice générale du Mondial de la bière de Montréal, la technologie a changé les gens et notre manière de travailler. Hommes ou femmes. « Mais, soudain, j’ai l’impression que les femmes qui travaillaient derrière un bureau sont devenues plus visibles avec Internet... »
Elle se souvient qu’en 1994, année où elle a démarré le premier Mondial avec ses partenaires Pierre Lalumière et Vincent Blair, le milieu des brasseries au Québec était plutôt corporatif. « Les représentants, masculin à disons 99 %, venaient servir les dégustations aux kiosques habillés d’une chemise avec logo bien repassée, d’un pantalon “chic”, le tout parfois même agrémenté d’une cravate… Bon, il y avait déjà des amis un peu plus souples comme Le Lion d’Or ou le Cheval Blanc, mais toujours est-il qu’il y a toujours eu une fierté bien ressentie à travailler pour une brasserie au Québec. » Parmi les rares femmes présentes à cette première édition, se trouvait notamment notre amie Deborah Wood, « cette grande passionnée pas juste de la bière, mais de la vie », partage-t-elle. Bref, démarrer une brasserie à cette époque était d’une certaine manière moins spontané : l’accès au matériel, aux matières premières, les échanges entre entreprises; tout était comme plus sérieux, si l’on peut dire.
De 1994 à 1997, Jeannine travaillait plutôt dans l’ombre. Elle s’occupait du marketing et de la gestion, tandis que ses associés se chargeaient des relations publiques et se déplaçaient à la rencontre des clients très majoritairement masculins. « Je me souviens du comité des ambassadeurs du Mondial de la bière que nous avions créé et, si ma mémoire est bonne, sur 24 personnes (agents promotionnels, représentants de différentes instances gouvernementales, l’Association des microbrasseries du Québec (AMBQ), des brasseries, etc.), on dénombrait deux ou trois femmes seulement.
Puis, en 2000, après m’être retrouvée seule à la tête du Mondial, j’ai commencé à prendre plus de place et c’est vraiment en 2002 lors du déménagement à la Gare Windsor que je suis devenue plus visible, au même moment que d’autres femmes d’ailleurs, alors qu’on entendait plus parler de Laura [Urtnowski] qui brigua la présidence de l’AMBQ pour quelques années et aussi d’Ellen qui devenait une maître brasseuse reconnue. »
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