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Chronique
Un programme double avec une certification pour que la qualité soit toujours au rendez-vous
La MicroBrasserie Charlevoix ouvrait le bal cet été en devenant la première entreprise certifiée Qualité microbrasserie Québec. Développés par et pour les microbrasseries, le Programme qualité et le Programme de certification Qualité microbrasserie Québec portés par l’Association des Microbrasseries du Québec (AMBQ) auront passé dix ans en incubateur. Dix années de réflexion pour développer un standard de qualité commun au terme d’une volonté collective sérieuse qui ont finalement porté fruit cet été!
Par Valerie R. Carbonneau, . 9 min de lecture.
Frédérick Tremblay est très fier d’être à la tête de la première microbrasserie à avoir obtenu la certification. « C’était super important pour nous d’aller jusqu’à la fin du processus, précise l’actuel président de l’AMBQ, pour qui il importait tout autant pour l’industrie de se doter de mesures d’auto gouvernance, que de prêcher par l’exemple auprès de ses pairs. « Le consommateur ne se préoccupe pas tellement qu’une microbrasserie remplisse des formulaires et réponde à des normes, mais que le message qui lui est envoyé soit vrai et que les informations présentées sur nos étiquettes par exemple soient vérifiées et véridiques. » Signe du désir profond de démontrer au consommateur qu’on est fier de nos pratiques...
La différence entre le Programme qualité et le Programme de certification? La certification représente la reconnaissance de la mise en place d’un programme qualité au sein de la microbrasserie; il s’agit de la finalité d’un processus d’implantation et de mise en œuvre du programme qualité, distingue l’AMBQ sur son site Web. « La certification, c’est l’examen que l’on se fait soumettre à la fin », exprime Marie-Eve Myrand, présidente de l’association.
De son côté, Frédérick Tremblay vulgarise ainsi : le Programme qualité concerne plutôt ce qui se passe à l’intérieur de la brasserie, tandis que le Programme certification se rapporte au moment où le produit sort de la brasserie pour rejoindre le consommateur. En effet, l’objectif est d’offrir au consommateur ou au détaillant une assurance qualité globale sur le produit, que ce soit au niveau des informations qui lui sont relatives, de sa traçabilité ou la rotation des stocks, entre autres renseignements pouvant susciter l’intérêt de ce dernier.
Il faut savoir que bien que les mêmes critères soient soumis aux microbrasseries qui convoitent l’obtention de la certification Qualité microbrasserie Québec, l’AMBQ, les membres du comité qualité et les experts interpellés ont pris en compte autant la réalité des petites que des grandes microbrasseries lors de l’élaboration du Programme qualité. « Qu’elle produise 1000 ou 10 000 hectolitres par année, les différents axes qualité peuvent s’adapter à la taille de chacune des microbrasseries », insiste Marie-Ève Myrand.
Réponses aux questions fréquentes
Il importe aussi de spécifier que la certification est octroyée par un auditeur externe et indépendant qui vient reconnaître l’aboutissement pour la microbrasserie de l’implantation de tout un programme qualité au sein de son entreprise. Autre notion importante à spécifier c’est que ni le Programme qualité, ni le Programme certification n’ont l’intention de s’investir dans les recettes ou de contraindre la créativité des artisans de la bière.
D’autre part, s’il n’y a qu’une seule microbrasserie sur la centaine existante au Québec qui a reçu cette certification à ce jour, on explique que c’est simplement dû au fait que la démarche en est une sérieuse et exigeante. En vérité, on compte environ 10 microbrasseries actuellement en cours de démarches dans le but d’obtenir la fameuse certification.
Un conseil : pour connaître tous les détails, consultez les pages questions-réponses sur le Programme qualité et le Programme de certification sous l’onglet « Mandats et actions » au ambq.ca.
S’atteler pour mieux performer
La route est longue et Frédérick Tremblay ne s’en cache pas. « Notre maître-brasseur a consacré deux années à voir à la mise en place de la certification. Par contre, aujourd’hui il travaille sur plusieurs dossiers à la fois et je peux vous assurer que le travail aura valu le coup. Car, une fois la structure mise en place et bien établie au sein de l’équipe, tout coule, admet celui qui incite fortement les microbrasseries à emboîter le pas dans la même direction. Parce qu’il faut se le dire, à une époque où on voit ouvrir une microbrasserie par semaine un peu partout, le défi majeur est certainement la quête de la qualité. »
Questionnée sur les difficultés rencontrées par les principaux intéressés, Marie-Ève Myrand répond que le plus difficile pour les microbrasseries, c’est d’arriver à déployer une personne-ressource en charge pour mener à bien le projet de certification, et ce, tout au long des procédures décrites dans le cahier de charges. « Du côté de l’AMBQ, le gros du défi reste à faire reconnaître et valoriser davantage le sceau qui vient avec la certification », précise-t-elle, en ajoutant que le comité qualité de l’association travaille fort en ce sens.
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