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Chronique
Le houblon québécois : naviguer entre défis et opportunités
En lisant les deux numéros précédents de Bières et plaisirs, vous aurez compris que la filière du houblon québécois est sur une lancée. L’industrie possède d’excellentes assises et nos producteurs se tournent vers l’avenir. Portrait de ce qui nous attend.
Par Julien Venne, . 5 min de lecture.
Des défis à relever
Plusieurs grands enjeux doivent être abordés pour faciliter le développement de la filière. Par exemple, l’industrie québécoise doit se positionner dans un environnement compétitif où l’offre mondiale de houblon est en croissance, notamment pour les variétés aromatiques américaines.
Ce dernier détail est important puisque ce sont surtout ces variétés qui sont exploitées chez nous. Nos agriculteurs doivent donc être très rigoureux dans la gestion de leur entreprise afin de maximiser leur efficacité technico-économique. L’objectif est ici de demeurer concurrentiel face à des producteurs américains et européens qui cultivent de vastes superficies, réalisant ainsi d’importantes économies d’échelles. Par ailleurs, les producteurs locaux doivent établir des liens de confiance forts avec les brasseurs québécois. Cette dynamique passe nécessairement par un produit d’une qualité exemplaire.
En Amérique du Nord, la culture du houblon est un univers complexe en pleine transformation. Bien entendu, cette évolution rapide s’explique par l’essor du marché microbrassicole aux États-Unis et au Canada. Ainsi, l’effervescence de la scène brassicole mène à de multiples tendances qui varient d’une année à l’autre.
En 2016 par exemple, nous avons pu constater que l’offre de bières sûres a littéralement explosé au Québec! Bien que cette diversité fasse le bonheur de nos papilles, elle peut compliquer la vie des agriculteurs. En effet, l’apparition de nouvelles tendances se traduit par une variabilité dans la demande pour certaines variétés de houblon. Or, bien rusé celui qui pourrait prédire quels styles de bières et quels houblons seront à la mode dans 5 ou 10 ans! Dans un tel contexte, il peut s’avérer difficile pour un agriculteur de prendre une décision sur le choix des cultivars à implanter au champ. On parle ici d’un enjeu considérable puisque l’on doit attendre deux ou trois ans avant d’avoir une récolte optimum.
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