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Chronique

L’impact sur l’industrie brassicole

Économie en perte de vitesse, taux de change désavantageux, prix de l’essence à la baisse. Comment l’industrie brassicole réagit-elle face à ces différents facteurs? Particulièrement bien. Elle a même tendance à mousser l’économie du Canada. Survol du marché.

Par Anne-Marie Luca, . 5 min de lecture.

L’impact sur l’industrie brassicole
Le Conference Board du Canada et le ministère de l’Agriculture, Pêcheries et Alimentation.
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Dix ans après l’ouverture en 1998 de sa brasserie artisanale de Montréal, Dieu du Ciel! (DDC) vend ses premières bières embouteillées, produites à Saint-Jérôme. Nous sommes en 2008 et en pleine crise économique. Décision risquée? Pas du tout.

« Le monde de la microbrasserie entrait dans un boom, qui n’est d’ailleurs pas encore terminé. C’est sûr qu’on débutait dans l’industriel, donc on n’avait rien pour comparer, mais depuis qu’on a ouvert, on ne fait que progresser », se souvient Stéphane Ostiguy, président cofondateur de la brasserie, dont la production est passée de quelque 2000 hectolitres en 2008 à 13 000 hectolitres l’année dernière.

Ce qui est vrai pour DDC l’est aussi pour l’ensemble du monde microbrassicole, qui ne cesse de se proliférer en Amérique du Nord. Au Québec, le nombre de brasseries a quadruplé entre 2002 et 2015, passant de 34 à 147, toutes grosseurs confondues.

Même si la part de marché des grands joueurs baisse de quelques points de pourcentage, l’in-dus-trie brassicole canadienne dans l’ensemble de-meu-re plutôt stable. Statistique Canada a enregistré en mars 2014 un taux de croissance annuel moyen des ventes de bière canadienne de 0,9 %.

« Il peut y avoir des transferts à l’intérieur même de la catégorie, et la valeur au litre peut diminuer, mais l’industrie conserve ses volumes », explique Philippe Batani, économiste de formation et ancien directeur général de l’Association des brasseurs du Québec. Pourquoi donc cette industrie n’est-elle pas sensible au cycle économique?

La bière, qu’elle soit artisanale ou de masse, n’est pas considérée comme un produit de luxe par le plus grand nombre. Donc en moment de crise, les consommateurs – qui n’arrêtent pas de consommer – se tournent vers elle, moins dispendieuse.

Les ventes brassicoles du Canada aident même à renflouer les coffres du pays. En 2013, elles ont généré 5,8 G$ en taxes annuelles, peut-on lire dans un rapport du Conference Board du Canada.

Trois facteurs à considérer

Si une perte de vitesse de l’économie n’affecte pas, ou peu, l’industrie brassicole, trois facteurs méritent d’être pris en considération afin de déterminer la tendance du marché brassicole : le vieillissement de la population, la croissance des autres catégories d’alcool et l’augmentation de joueurs.

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