Chronique
Faire ses classes et saisir l’opportunité
Sur papier, le chemin d’Yves Beaulieu est parmi les plus classiques pour aboutir aux cuves d’une brasserie artisanale. Toutefois, tout au long de sa route, il n’a jamais vraiment anticipé ce dénouement. Heureusement pour lui, il a fait ce qu’il aimait et cela l’a mené à exercer avec passion un métier qu’il adore. Mine de rien, il a en plus eu à relever plusieurs défis, ce qu’il a fait avec brio, et probablement le sourire aux lèvres.
Par David Sparrow, . 4 min de lecture.
Originaire de Saint-Jean-Baptiste-de-Rouville en Montérégie, Yves s’est inscrit à l’Université de Sherbrooke après un long passage obligé au cégep. Passionné par son domaine d’étude, il a d’abord complété un baccalauréat en biologie moléculaire avant de poursuivre avec une maîtrise dans le même domaine. S’il a rapidement accepté un emploi comme assistant de recherche à l’université, il n’a pas hésité à poser sa candidature pour devenir brasseur du Boq lorsque l’occasion s’est présentée.
Ses années au cégep n’auront pas été perdues pour autant puisque c’est à cette époque qu’il fait ses premiers pas dans le brassage maison. Les kits le laissent perplexe, mais un stage effectué dans le cadre de ses études chez Unibroue, où Marc Ducharme travaillait à l’époque – il est aujourd’hui aux cuves du Broadway Pub –, lui donne la piqure pour le brassage tout grain.
Comment avez-vous commencé à brasser de la bière ?
J’ai commencé dans ma jeunesse en buvant des bières commerciales et j’ai rapidement réalisé que j’aimais moins l’amertume. Lors de mon stage au cégep, on a passé beaucoup de temps à décortiquer le goût des bières et j’ai compris plusieurs choses qui m’ont réconcilié avec l’amertume qui me déplaisait. J’ai commencé à brasser mes propres recettes tout grain et à me monter un système de brassage. Lorsque j’ai appris que Michaël quittait Boquébière et que la brasserie ne cherchait pas forcément un brasseur avec de l’expérience professionnelle, j’ai tenté ma chance. Ça m’a permis de réellement faire ce que j’aime.
La première bière que vous avez brassée ?
Ma première tout grain était une Witbier. J’ai essayé de faire ça, mais j’ai eu des problèmes avec ma levure… Je suis par la suite allé vers les IPA où le houblon permet de camoufler bien des erreurs ! Au Boq, ma première bière a été une Double IPA, assez dense, et ça m’avait pris beaucoup de temps, 12 ou 13 heures, car je n’étais pas du tout habitué. J’étais seul et stressé, mais je l’ai tout de même bien réussie.
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