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Pourquoi la bière allemande est si méconnue des Québécois ?

Par Martin Thibault, . 4 min de lecture.

Pourquoi la bière allemande est si méconnue des Québécois ?
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Des milliers de gens sous les marronniers buvant dans des chopes gigantesques aux airs de l’oompa-oompa des musiciens en collants tout près. Tout le monde a déjà vu ce portrait typique de l’Allemagne brassicole d’aujourd’hui. Étonnamment cependant, cette vision semble être une des seules, sinon la seule, connue des gens de chez nous lorsque vient le temps de parler du pays germanique. Pourquoi donc la bière allemande, dans toutes ses facettes, n’est-elle pas aussi connue au Québec que la bière belge, la bière américaine, voire même la bière anglaise ?

La première raison est simple : les Québécois voyagent peu en Allemagne. La barrière linguistique et la distance en sont pour quelque chose, évidemment. Une étude réalisée en 2011 par le Réseau Veille Tourisme, le Ministère du Tourisme du Québec et un regroupement d’associations touristiques régionales a démontré que seulement 6 % de la population avait voyagé en Europe récemment et que 4 % d’entre eux avaient opté pour la France. On se doute donc qu’une infime portion de ces gens ait pris le temps d’explorer les châteaux-forts brassicoles de l’Allemagne.

Donc, ce qu’il reste au dégustateur québécois pour en apprendre davantage sur les lagers et autres Weissbiers de l’Allemagne sont les quelques bouteilles et cannettes que nous recevons en importation via la SAQ. Au grand dam du chasseur d’authenticité, car la majorité du temps nous avons affaire à des versions défraichies à cause des délais d’exportations. Pour cause, les styles concoctés par les Allemands sont plus souvent qu’autrement des bières très fragiles qui se doivent d’être dégustées rapidement et ce, le plus près possible de leur lieu de production. Les Kölsch que nous pouvons trouver en bouteille en Amérique du Nord, par exemple, ne peuvent jouir de la texture ample et douillette que leur confèrent le conditionnement naturel et le service de la barrique par gravité. Les Pilsener que nous recevons, elles, manquent irrémédiablement de verve houblonnée, ayant été soumis à de longues semaines de voyagement et de délais en entrepôt. Même constat pour les Märzen, les Dunkel, les Helles, etc. Qui plus est, ces bières qui traversent la grande flaque proviennent souvent de giga-brasseries visant un public cible très large.

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