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Chronique
Sortir du resto avec une bouteille de bière entamée, est-ce « légal » ?
Par Valerie R. Carbonneau, . 5 min de lecture.
La Régie des alcools des courses et des jeux (RACJ) annonçait, le 14 juin dernier, que tout détenteur d'un permis de restaurant pour vendre et d'un permis de bar était désormais autorisé à laisser un client partir avec un contenant de vin entamé qu'il lui aurait vendu dans son établissement.
Or, cette modification législative ne concerne que le vin et celui-ci peut être emporté si et seulement si le contenant a été rebouché de manière hermétique. Décidément, cette modification a pour effet de lancer un débat quant aux autres formes de boissons alcooliques... surtout quand on sait apprécier une bonne bière pour faire descendre un repas.
Maintenant, pourquoi se limiter au vin uniquement? Quels ont été les arguments avancés en coulisse par la Régie pour tracer la limite? En quoi le fait de repartir d'un établissement avec une bouteille de bière refermée hermétiquement viendrait enfreindre la loi? « La Régie s'est d'abord inspirée de ce qui se faisait dans les autres provinces canadiennes, explique l'avocate responsable des communications et porte-parole, Joyce Tremblay. Ensuite, des raisons pratiques ont motivé cette décision. Les bouteilles de vin ont généralement des formats standards, comprenant le goulot, ce qui permet de refermer facilement la bouteille de façon hermétique. »
Du côté de l'Association des Restaurateurs du Québec (ARQ), même s’il s’agit d’une nouvelle positive, la modification législative des dernières semaines met plus que jamais en relief la nécessité de moderniser véritablement les lois et les règlements touchant la vente et le service des boissons alcooliques au Québec. « Il est d’ailleurs à souhaiter que l’on ne s’arrête pas là, précise le vice-président, Affaires publiques et gouvernementales, M. François Meunier. Permettre aux clients de repartir d’un resto avec une bouteille entamée était revendiqué depuis des lunes, mais les priorités dans l’industrie sont ailleurs; notamment dans l’élimination de la notion de permis par pièce et dans l’obligation de servir un repas pour vendre de l’alcool dans un restaurant », admet ce dernier, qui en profite pour exprimer une fois de plus sa déception face à la mort au feuilleton du projet de loi 68, déposé par l’ancien ministre de la Sécurité publique, M. Robert Dutil, avec le déclenchement des élections de l’été dernier. Ce projet de loi n’était pas parfait et ne répondait pas à toutes nos demandes, mais il avait au moins le mérite de faire avancer les choses, et ce, dans la bonne direction. C’est vraiment frustrant pour nous de voir que le ministre actuel, M. Stéphane Bergeron, ne fait pas de ce dossier une priorité. Souhaitons que les travaux en cours au Groupe de travail sur les conditions d'exploitation des titulaires de permis d'alcool entourant la vente de boissons alcooliques fassent bouger ce dossier. »
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