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Chronique

L’American Pale Ale

Par David Sparrow, . 8 min de lecture.

L’American Pale Ale
Bières et Plaisirs
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L’American Pale Ale, APA pour les intimes, est la version américaine d’une Pale Ale, un style qui puise ses origines en Grande-Bretagne. Savoureuse, peu effervescente et facile à boire, l’APA se distingue par ses houblons aromatiques bien goûteux et son amertume souvent plus prononcée, deux caractéristiques qui lui sont conférées par son utilisation de houblons américains.

Si la Pale Ale ne jouit pas d’une définition faisant l’unanimité, l’American Pale Ale a quant à elle une référence bien connue, la Pale Ale de l’américaine Sierra Nevada Brewing Company qui a mis les houblons américains sur la « map » au début des années 1980. Ce grand classique de la brasserie a été l’une des premières à exploiter le Cascade, un houblon aux puissants arômes d’agrumes, devenu un grand favori des amateurs de houblons, les « Hop Heads ».

Précisons toutefois qu’en 1975, la Anchor Brewing Company aurait été la première à réellement exploiter le côté aromatique du Cascade dans sa Anchor Liberty Ale, reconnue comme étant la première « American Ale » moderne.

Aujourd’hui, outre le Cascade, les principaux houblons utilisés dans les APA sont le Citra, le Centennial, le Chinook, le Nugget, le Columbus, le Tomahawk, le Zeus, le Simcoe, le Crystal, le Willamette, le Warrior et bien d’autres. Certains brasseurs choisissent également d’accentuant le côté malté donnant ainsi plus de corps et créant des APA plus équilibrées. D’autres sont parfois très amères, à en rendre jalouses certaines India Pale Ale…

Malgré toutes les variantes possibles, l’APA se doit de demeurer des plus désaltérantes et tout de même bien houblonnée. Pour ce qui est de sa couleur, disons qu’elle doit simplement être plus pâle qu’une brune… C’est seulement à travers son histoire que le nom « Pale Ale » prend tout son sens.

Retour dans le passé

La Pale Ale a connue sa popularité en Angleterre suite à l'industrialisation. L'arrivée de la machine à vapeur et l'utilisation du charbon ont permis aux malteurs de développer une technologie qui rendait plus facile le séchage du grain sans pour autant le faire noircir. Les grains restaient dorés; la bière aussi. À cette époque où les bières de la Grande-Bretagne étaient majoritairement des Porter obscurs, la toute nouvelle «pint» cuivrée fait scintiller bien des regards. Plus les années sont passées, plus la bière en vogue est devenue pâle. Pendant un certain temps, le jadis célèbre Porter a même disparu…

La Pale Ale était vendue en Angleterre depuis le début du 18e siècle. Dès 1760, des versions davantage houblonnées étaient même concoctées pour des marchés éloignés au climat plus chaud. Dans la ville de Burton au début des années 1820, les brasseurs se disputent le marché indien qui est dominé par la Pale Ale d'un dénommé George Hodgson. Aux environs de 1835, on commence même à parler de Pale India Ale et de East India Pale Ale pour désigner ces bières destinées à ce marché spécifique. De ces faits, plusieurs attribuent la création de la India Pale Ale à Hodgson, mais les récentes recherches démontrent qu'il ne fut pas le premier à envoyer sa bière en Indes, ni à houblonner davantage ces bières...

Notons aussi que la fameuse Bitter britannique a, elle aussi, été considérée comme une Pale Ale puisque dans certains cas, « Bitter » était utilisé pour la version en fût d'une bière alors que « Pale Ale » représentait la version bouteille.

Notre dégustation

La Bienfaisante est sans aucun doute la plus douce des bières en lice, mais l’apport des houblons aromatiques est réussi et la finale assez persistante. Elle réussit bien sa mission; nous désaltérer tout en étant savoureuse et invitante.

La Glutenberg Pale Ale américaine offre des pointes de houblons résineux, d’herbes fraîches et de petites notes sucrées. L’assemblage de diverses céréales lui confère un petit quelque chose de distinctif, mais impossible de deviner l’absence d’orge à l’aveugle, sauf évidemment si vous êtes allergique au gluten! Du grand art.

L’intensité des flaveurs de houblon se marie bien aux notes fruitées et sucrées de la MacTavish in Memoriam. Le malt lui confère une rondeur agréable et puisqu’elle est sèche, elle demeure rafraîchissante et laisse les arômes houblonnés prendre le dessus.

Avec la End of the Trail les multiples arômes de citron, d’agrumes et de conifères du Falconer’s Flight créent un bouquet enivrant judicieusement équilibré par une présence de malt légèrement caramel et rôti. Une riche touche maltée des plus fidèles au brasseur.

Finalement, avec la Jukebox Blonde, de subtiles notes mielleuses de malt s'accordent aux arômes citronnés et tropicaux et la distinguent des autres offrant souvent un léger côté caramel. Rafraîchissante à souhait, elle se démarque par sa légèreté, sa douceur et ses houblons ardents qui soignent le mal de soif.

Jukebox Blonde

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