Bières et Plaisirs › Brasseries
Chronique
« Faisant sa marque sur terre »
Par David Sparrow, . 5 min de lecture.
Luc Boivin devrait être vice-président d’une entreprise de systèmes d’automatisation spécialisée dans le domaine brassicole sur la Rive-Nord de Montréal. Mais quelque part sur son chemin, l’influence de son entourage a eu le dessus et l’a plongé dans un cercle vicieux d’eau, de céréales, de levure et de houblons. La chute fut si vertigineuse que c’est finalement comme brasseur à plus de 3 heures de la métropole qu’il a choisi de faire sa marque.
Électromécanicien industriel de formation, Luc a été embauché chez Boréale vers 1992 pour faire de la maintenance d’équipements dans l’usine. Ses connaissances allaient s’avérer un précieux atout pour la jeune brasserie. De son côté, il était tanné de vendre des produits d’automatisation et avait envie de quelque chose d’un peu plus manuel. Il ne connaissait rien à la bière, mais à quoi bon?
Comment avez-vous commencé à brasser de la bière ?
Je me rappelle avoir découvert la Boréale dans un dépanneur pas très loin de chez nous au début des années 90 et cela m’avait bien plu. Il n’y avait qu’une bière à l’époque et elle s’appelait simplement Boréale. J’étais donc heureux de travailler là-bas et j’ai suivi la brasserie lorsqu’elle a déménagé à Blainville en 1994. À force de travailler sur les paramètres de la salle de brassage, j’ai fini par avoir le goût de brasser.
Vers 1998, j’ai donc commencé à brasser à la maison, je m’étais procuré un kit de brassage fait par des spécialistes de l’Inox. J’ai obtenu mon fermenteur en échange de la fabrication d’un panneau de contrôles électroniques pour trois jeunes qui démarraient une brasserie à Montréal, il s’agissait de Dieu du Ciel!. Ils ont éventuellement voulu faire des modifications et c’est de cette façon que nous nous sommes connus.
En 2004, Patricia, l’une des trois propriétaires désirait vendre ses parts, je les ai ainsi achetées pour me lancer dans l’aventure de Dieu du Ciel!. J’y suis resté jusqu’à mes débuts ici en 2011.
La première bière que vous avez brassée ?
C’était un kit concentré, l’équivalent d’une Corona que j’ai probablement manquée, car elle était dégueulasse. Fini le concentré, je passe au tout grain. Ma première bière fut L’Embûche, une belge forte à 8% d’alcool dont le nom résumait cette première expérience. J’aimais les bières de style belge comme la Blonde d’Achouffe; j’avais même repris la levure d’une de leurs bouteilles à un certain moment.
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