Bières et Plaisirs › Brasseries
Chronique
La gorgée contagieuse
Par David Sparrow, . 5 min de lecture.
Toute jeune, Catherine Foster a plongé les lèvres dans une étrange bière africaine du Burundi. Comme pour son père, cette gorgée s’est avérée déterminante sur son destin. Passionnée de culture, de saveurs et de terroir, elle est aujourd’hui l’une des rares brasseuses de la scène brassicole québécoise. Fière de mettre ses valeurs à l’avant-plan de sa brasserie, elle est heureuse de perpétuer le projet de son père, la Korrigane.
Au début des années 90, Jean Foster, le père de Catherine, se met à brasser de la bière suite à son retour d’un périple de trois ans en Afrique où il a découvert la tradition brassicole des habitants de Gitega au Burundi. La famille était ainsi invitée à des fêtes où était brassée spécialement pour l’occasion une bière de sorgho et de banane. Celle-ci était préparée de façon très artisanale, à partir de la céréale complète et du mortier. Inspiré par cette tradition ancestrale, Jean commence à concocter des bières et à développer l’équipement dont il a besoin pour le faire. Sans le savoir, il avait déjà commencé à transmettre sa passion à la jeune Catherine.
«Je me rappelle encore le goût de la toute petite gorgée de bière de sorgho dégustée à Gitega. À l’âge de 10 ans, je regardais mon père travailler ses bières et je trouvais ça impressionnant. Les odeurs et les bruits attiraient mon attention. Évidemment, à l’adolescence, mes amis et moi avons commencé à nous servir dans son frigo…»
Comment avez-vous commencé à brasser de la bière ?
Je n’avais jamais brassé avec mon père avant de le faire au bistro à compter de 2004. Durant cette période, je l’ai assisté à quelques occasions, mais ce n’était pas régulier en raison de mes études et du travail. Je me suis tranquillement tannée de mon travail en géologie après 5 ans au même endroit et j’ai perdu de l’intérêt pour cela. Mes valeurs, mes passions, ma philosophie de vie ne concordaient plus avec ce travail. C’est l’agroalimentaire qui m’intéressait; la transformation des matières agricoles en produits finis et faits de façon artisanale. Fromage, pain, chocolat, poisson fumé, charcuterie, il me fallait trouver quelque chose d’accessible. Au moment où j’ai réalisé que c’est de la bière que je souhaitais vraiment faire, le bistro fermait ses portes et, par conséquent, la brasserie de mon père également. Je n’ai eu d’autres choix que d’offrir à mon père de lui acheter ses équipements pour rouvrir la Korrigane à Québec où j’habitais avec mon copain depuis quelques années. Je crois que pour mon père, ce fut une fierté de pouvoir transmettre le tout à sa fille.
La première bière que vous avez brassée ?
La première que j’ai faite officiellement par moi-même, c’est à la mi-mai 2011. Ça faisait un an que la brasserie était ouverte et j’avais assisté mon père depuis le début. J’ai appris en l’assistant et en scrutant minutieusement son travail comme cela se faisait à l’époque. J’avais brassé la Vila, notre extra blonde (Extra Pale Ale).
La bière dont vous êtes la plus fière ?
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