Chronique
Les blondes belges fortes
Par David Sparrow, . 7 min de lecture.
Les blondes belges fortes partagent un profil gustatif semblable à la belge Triple ou à la blonde du diable, mais elles sont souvent plus sucrées, moins amères et moins complexes. On y retrouve surtout un côté sucré du malt, ainsi que des notes mielleuses, florales, fruitées et épicées. Elles sont douces et somme toute assez rafraîchissantes.
Ce sont des bières dorées, coiffées d’une voluptueuse mousse blanche, au bouquet épicé et complexe, titrant autour de 7% d’alcool. Mais, il s’agit encore une fois d’une catégorie ouverte où les brasseurs sont invités à s’amuser et à se dépasser; elle englobe donc plusieurs variantes des styles les plus connus de bières belges blondes.
Les premières bières belges fortes dorées sont apparues après la création de la Westmalle Triple, quelques années après la Première Guerre mondiale. C’était l’époque des Pilsners et les moines de Westmalle ont décidé d’adopter la couleur à la mode. Si plusieurs ont tenté de reproduire la Triple par la suite, d’autres ont plutôt décidé d’innover à leur tour tout en conservant cette couleur scintillante.
Depuis plus récemment, il existe également des bières blondes modérément alcoolisées, entre 4 et 7% d’alcool avec une complexité «à la belge» toute subtile et une finale sèche. Elles sont apparues sur le marché afin de plaire aux amateurs de bières plus légères. On retrouve aussi, depuis quelques années, de plus en plus de blondes belges houblonnées à souhait, sans doute une version influencée par les brasseries américaines qui adorent exploiter l’amertume des houblons. Les blondes belges fortes les plus connues demeurent toutefois la Triple et la blonde du diable.
Les blondes Triples
Les bières blondes Triples se démarquent par leur taux d’alcool plus élevé, variant entre 8% et 10%, et leur impressionnante complexité. Au nez, on retrouve des esters fruités plutôt agrumes, des notes d’alcool, parfois même des notes épicées, notamment de coriandre.
En bouche, elles sont chaleureuses et légèrement sucrées. Elles ne sont pas lourdes, mais sont assez denses et veloutées étant donné le sucre résiduel qui les caractérise également. On priorise habituellement le sucre candi qui tend à complexifier les arômes d’alcool et à adoucir le corps. L’amertume du houblon passe bien souvent inaperçue puisque l’équilibre malts et houblons est très bien réussi.
Les blondes du diable
La Duvel est la blonde du diable originelle. Elle fut créée par la brasserie Moortgat à l’issue de la Deuxième Guerre mondiale, en réaction à la popularité croissante des Pils. Tout comme la Westmalle Triple, elle fut souvent copiée, mais jamais égalée.
Les blondes du diable ressemblent beaucoup aux Triples, mais sont plus minces et sèches. Par tradition, leur nom évoque le diable, faisant référence à leur forte teneur en alcool. Elle se caractérise aussi par une forte effervescence qui permet aux arômes de se manifester tout en amplifiant l’impression d’une finale courte et sèche.
On y retrouve des arômes complexes aux notes fruitées (poire, orange et pommes), épicées, poivrées, et houblonnées, ce qui la distingue des autres blondes belges fortes. En bouche, les mêmes caractéristiques sont présentes en plus de notes maltées et d’une douceur d’alcool parfumée et épicée. La finale est quant à elle assez sèche.
Et les blondes d’Abbaye ?
Les blondes d’Abbaye ne sont en fait que des bières s’apparentant aux bières trappistes brassées par des moines. Il ne s’agit pas d’un style en-soi, mais plutôt d’une appellation marketing utilisée pour indiquer qu’elles sont brassées dans la tradition monastique. Comme les bières trappistes, elles peuvent être brunes, blondes ou même blanches.
Notre dégustation
Chez La Belge de Schoune, on retrouve d’emblée un côté fruité à la fois sucré, ainsi qu’une légère présence des parfums d’une levure belge classique. Elle est douce et rafraîchissante, pourtant, bien alcoolisée. La Leffe Blonde offre aussi une signature classique de levure belge épicée aux arômes d’orange et aux notes de girofles. Elle se démarque par sa texture veloutée et son côté sucré.
La Dernière Volonté de Dieu du Ciel! se distingue d’abord par son amertume plus puissante et son explosion d’arômes, notamment d’agrumes. On pourrait presque la qualifier de Pale Ale belge. La Françoise Bourgeois de la Microbrasserie de l’Île-d’Orléans offre aussi une bonne amertume. Elle est plus alcoolisée, légèrement sucrée et propose de subtiles notes de caramel et d’érable. Elle est la plus costaude du groupe.
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