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Chronique
Quelques whiskys importants dans mon parcours malté
Une question revient pratiquement à chaque fois que je parle de whiskys, que ce soit lors d’une conférence, d’un atelier, dans les festivals : Quel est mon whisky préféré? Pas si simple à répondre! Évidemment, il y a mes coups de cœur du moment, qui sont actuellement le Port Charlotte 10 ans et le GlenAllachie 12 ans PX. Facile!
Par Jean-François Pilon, . 7 min de lecture.
Mais, si on parle de mes préférés de tous les temps, c’est là que ça se corse. Pour moi, ceux-là vont bien au-delà du simple liquide : c’est l’expérience, le souvenir, les gens présents.
Un single malt aux arômes nostalgiques
La première de ces expériences remonte au milieu des années ‘90, et c’est en fait le premier single malt que je goûtais. Mon ami Marc et moi étions à la recherche de cidre et nous allions de pub en pub sans succès. Finalement, mon comparse m’apporte quelque chose de magique : un verre qui me fait remonter dans le temps. Les arômes puissants de tourbe me ramènent à mes automnes d’enfances sur le bord de la rivière à Châteauguay où les voisins faisaient brûler leurs feuilles mortes. Ça sent la fumée, le bord de l’eau, la décrépitude végétale, mais avec une douce élégance.
C’était en fait un verre de Lagavulin 16 ans, un whisky mythique et fort prisé. Du moins maintenant, car, dans les années ‘80, on n’y travaillait que deux jours par semaine. La production a recommencé à augmenter à partir de 1991, si bien qu’actuellement on distille pratiquement 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Fondée en 1816, soit un an après ses deux soeurs du sud de l’île d’Islay que sont les distilleries Laphroaig et Ardbeg.
Et comme toute famille, elle possède ses anciennes rivalités fraternelles. Par exemple, Lagavulin utilisait initialement la même source d’eau que Laphroaig, privant celle-ci d’une partie importante de cette ressource essentielle. Ou encore, quand on a construit une seconde distillerie à même l’enceinte de Lagavulin, Malt Mill, c’était afin de reproduire exactement le whisky de Laphroaig, sans grand succès d’ailleurs.
Et maintenant pour quelque chose de complètement différent
En 2003, mon père m’a offert un GlenDronach 12 ans. Léger, fruité, délicat mais complexe et à des années lumières du premier. Mais comment est-ce possible? C’est à ce moment que j’ai décidé d’en apprendre le plus possible sur comment est fait le whisky, ce qui explique les différences, d’où proviennent les flaveurs. Merci papa!
Un autre moment unique fut la première dégustation dirigée à laquelle j’ai assistée, à l’automne 2004. Marc y était, mon frère aussi, mais relativement peu de gens s’étaient déplacés. Dommage pour eux, car on a eu le droit à une présentation à la fois intéressante et plutôt courageuse. En effet, afin de bien nous illustrer l’intérêt de créer un blended scotch whisky, l’ambassadeur de Johnnie Walker Black Label nous a offert quelques-uns des différents single malts qui le composent.
Ainsi, on a été en mesure de constater par nous-mêmes l’apport fruité et vanillé du Dalwhinnie, la salinité côtière et mielleuse du Clynelish, le côté volcanique du Talisker, etc. J’ai tellement appris lors de cette soirée.
Au Kentucky
Un des joyaux de mes expériences reliées au whisky, ce sont ces quelques heures passées dans le laboratoire du maître-assembleur de la distillerie Buffalo Trace à Frankfort au Kentucky. Drew Mayville fut d’une générosité désarmante. Philippe Wouters et moi avons pu déguster toute la gamme des E. H. Taylor, incluant celui qui a survécu à la tornade de 2006, les plus âgés Pappy Van Winkle et j’en oublie. Un excellent moment vécu avec des gens géniaux. Notre favori? Le Van Winkle 12 ans Special Reserve qui est à couper le souffle. Celui-là, on l’a bu un soir mémorable au bar de notre hôtel de Louisville…
Quelques années plus tard, on a eu la chance de rencontrer Jason Brauner, le propriétaire du Bourbons Bistro, aussi à Louisville. Celui-ci nous a invités à monter à son bureau. On y a découvert une impressionnante collection de bourbons, dont plusieurs dataient d’avant la prohibition. Il a ouvert, juste pour nous, un décanteur de Jim Beam de 1975. Si d’abord le nez était plutôt marqué par le poli à meuble et la colle, il s’est éventuellement détendu pour nous offrir tout plein de vanille.
Le meilleur bourbon de ma vie? Non. Même pas le meilleur du périple (Maker’s Mark Cask Strength et W. L. Weller 12 ans). Mais, je nous vois encore, les six compagnons de voyage un peu ébahis par tant de si vieilles bouteilles, notre whiskey historique à la main à discuter avec un chic type. Quel moment inoubliable!
Alcools - Nouveautés
Cidrerie Milton
Malaventure, 7 %
Présentation
Ce dixième et dernier verset de la série exploration est un cidre brut pétillant d’inspiration littorale extra-sec. Il est fait à partir de pommes Honeycrisp et Dolgo, et a passé non moins de dix mois en fût ayant contenu leur fameux cidre la Bête Sure. Le cidriculteur ayant ainsi voulu évoquer les Kriek belges.
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