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Sargasse au Mexique : 840 pêcheurs du Quintana Roo la récolteraient en mer dès 2027, avant qu'elle n'atteigne les plages

Présenté à Cancún au début d'octobre 2026, un projet pilote veut confier à quelque 840 pêcheurs du Quintana Roo la récolte de la sargasse au large. Il doit commencer au premier trimestre de 2027, avec l'appui de l'Union européenne, selon le média mexicain El Quintanarroense.

Par La Rédaction, . 4 min de lecture.

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Une vue aérienne sereine d'un bateau au bord de la plage à Playa del Carmen, Mexique.
Photo : Willian Justen de Vasconcellos (Licence Pexels, pexels.com)
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Les pêcheurs du Quintana Roo pourraient récolter la sargasse en mer avant qu'elle ne s'échoue sur les plages de Cancún, de Playa del Carmen et de Tulum. Le projet a été présenté pendant la quatrième Conférence Union européenne–Caraïbes Global Gateway sur la sargasse, tenue à Cancún les 1er et 2 octobre 2026. Ses promoteurs le décrivent comme la première pêcherie formelle de sargasse au monde, rapporte El Quintanarroense dans un article du 2 octobre.

Qui ferait quoi

Le projet est mené par l'initiative The Seas We Love, avec le Conseil hôtelier des Caraïbes mexicaines et la Fédération des coopératives de pêche du Quintana Roo, a indiqué son représentant, Ignacio Muñoz. Environ 840 pêcheurs et 400 petites embarcations travailleraient entre Xcalak, dans le sud de l'État, et Puerto Morelos, près de Cancún. Ils pourraient récolter de 2 000 à 4 000 tonnes d'algues par jour au large.

L'essai doit commencer au premier trimestre de 2027, avec l'appui de l'Union européenne et un investissement estimé à 3 millions de dollars américains. Le calendrier n'est pas arrêté : selon le quotidien Luces del Siglo du 4 octobre, le départ pourrait glisser au premier semestre, des éléments restant à définir, et les 840 pêcheurs correspondent à la phase la plus avancée du projet. Les pêcheurs deviendraient propriétaires de la sargasse récoltée, qu'ils revendraient à des transformateurs. Leur travail compléterait celui de la Marine mexicaine, qui exploite déjà des barrières et des navires collecteurs.

Ce que la sargasse coûte au tourisme

L'année 2026 est la pire jamais enregistrée. Le Quintana Roo avait recueilli 138 000 tonnes de sargasse au 30 septembre, contre 92 782 tonnes pour toute l'année 2025, a indiqué le secrétaire à l'Écologie et à l'Environnement de l'État, Óscar Rébora, cité par le quotidien Por Esto le 1er octobre.

À la conférence de Cancún, Enrique Lendo, coordonnateur de projets au Mexique du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE), a chiffré la facture. Chambres annulées, réservations reportées et image ternie coûtent 11,5 milliards de dollars américains par année au secteur touristique, selon des calculs de la Banque interaméricaine de développement, soit l'équivalent de 17 % du produit intérieur brut de l'État, rapporte El Economista dans un article du 4 octobre. Quand les plages sont touchées, les hôtels sont pénalisés dans leurs certifications, moins recommandés, et doivent baisser leurs tarifs, a précisé M. Lendo. Le nettoyage des plages coûte en plus environ 150 millions de dollars par année au secteur privé dans la zone hôtelière de Cancún et de la Riviera Maya.

Ce qui reste à régler

Reste à savoir quoi faire des algues récoltées. M. Lendo voit deux voies : l'enfouissement contrôlé, délicat parce que la sargasse concentre de l'arsenic et des métaux lourds, ou la transformation en engrais, en biostimulants et en biogaz. Ni l'une ni l'autre n'est rentable à l'échelle commerciale : les projets actuels dépendent de subventions de banques multilatérales ou de gouvernements. Il propose une plateforme qui aiderait les municipalités, les États et les entreprises à monter des projets finançables, avec du financement mixte, des garanties et des crédits de carbone.

La coopération régionale existe : la Convention de Carthagène, administrée par le PNUE, réunit 25 pays de la Grande Caraïbe, dont le Mexique, autour d'un plan d'action. Il manque, selon M. Lendo, un mécanisme permanent pour relier les technologies, la demande locale et le financement.

M. Muñoz reconnaît que l'un des principaux défis sera de créer un marché pour la sargasse récoltée. « Donner un prix à la sargasse est essentiel », a-t-il dit à Luces del Siglo. À titre indicatif, il évalue la sargasse fraîche et propre de 50 à 60 dollars la tonne, et de 450 à 500 dollars une fois prétraitée et séchée. Le Mexique reconnaît déjà la sargasse comme une ressource de pêche; le plan de gestion, qui relève du gouvernement fédéral, reste à produire.

Pour les voyageurs de cet hiver

L'essai ne commençant qu'en 2027, le projet ne changera rien aux plages cet hiver. Les arrivages ont toutefois diminué : l'institut océanographique de la Marine mexicaine a ramené son indicateur d'alerte de « élevé » à « bas », selon Por Esto. M. Rébora prévient que la sargasse continuera d'arriver, en moindre quantité.

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