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Spiritueux 100 % québécois : une tendance ou une obligation?

Alcools de base, aromates, agrumes : beaucoup d’ingrédients essentiels à la fabrication de la vodka, du gin, du rhum ou des liqueurs proviennent d’ailleurs. Comment la pandémie a-t-elle affecté la chaîne d’approvisionnement des microdistilleries du Québec? Est-ce que produire des spiritueux entièrement québécois deviendrait une tendance de plus en plus lourde?

Par Jean-François Pilon, . 4 min de lecture.

Spiritueux 100 % québécois : une tendance ou une obligation?
Courtoisie
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Pour Nicolas Duvernois, de Duvernois Creative Spirits, créateur de Pur Vodka et du Romeo’s Gin, le nerf de la guerre est l’approvisionnement en alcool. En effet, la majorité des producteurs de spiritueux au Québec, ainsi que ceux de partout ailleurs dans le monde, achètent leur alcool de distillateurs industriels.

« Au Canada, il n’y a que deux ou trois fournisseurs… Et avec la folie du désinfectant à mains et l’explosion de la demande d’alcool, ils n’arrivent tout simplement pas à suivre… Il y a une rupture qui fait mal en ce moment, explique celui-ci. Ce sera pire dans quelques mois, car il y aura un retard à rattraper! »

« Il est présentement très difficile d’acheter de l’alcool en vrac, indique à ce propos Francis Bluteau de BluePearl Distillery. Alors, quand on en a, on se demande si on va le prendre pour nos produits ou pour le désinfectant. » Car lui, comme bien d’autres microdistilleries du Québec, a bien entendu l’appel d’aide en approvisionnement et a décidé de créer son propre désinfectant afin de donner un coup de main à sa manière (NDLR : voir autre article en page 11).

Prenons le cas de la Distillerie du Quai, qui a eu plusieurs enjeux, mais le tout devrait rentrer dans l’ordre sous peu, espère son directeur distillateur, Jeff Rheault. « Nous avions trouvé un autre fournisseur oui, mais la transaction a été bloquée par les autorités gouvernementales du pays concerné », raconte celui-ci.

L’importance d’être 100 % local

Paul Cirka, de la distillerie du même nom, pense donc qu’il est extrêmement important de faire un spiritueux à partir de céréales locales : « Cela signifie investir dans nos agriculteurs, nos meuniers, nos fabricants d’équipement et bien plus encore. C’est aussi stimuler et développer une nouvelle industrie et permettre aux consommateurs de faire des choix 100 % bénéfiques pour leur économie locale. »

Certains parlent aussi de créer une distillerie industrielle québécoise capable d’approvisionner les microdistillateurs de la Belle Province avec le précieux alcool neutre qui leur sert de base pour leur spiritueux, sous forme de coopérative ou autre. Mais on est vraiment à l’état embryonnaire pour le moment, comme le rappelle M. Rheault.

Mais, on peut aussi pousser la note plus loin, et produire des spiritueux uniquement à partir d’ingrédients locaux. Si cette tendance n’est pas encore nécessairement plus lourde, elle est certainement appréciée du consommateur amateur de produits d’ici. « C’est pour cela que nous travaillons sur une IGP (indication géographique protégée) 100 % Québec », indique à ce sujet Annick Van Campenhout, secrétaire de l’Association des Microdistilleries du Québec (AMDQ).

D’ailleurs, ce travail se fait étroitement avec la SAQ, qui désire pouvoir bien identifier les produits d’ici dès cet été. « Nos clients sont intéressés par l’entrepreneuriat au sens large, explique Linda Bouchard, agente d’informations à la Société des alcools du Québec. Dans ses produits, on sent l’ADN québécois. »

De tels produits existent déjà : le whisky de Cirka, le gin Les Herbes folles de la Société secrète, l’acerum de la Distillerie du St. Laurent, et j’en passe…

La Société Secrète

Les Herbes Folles Premium Dry Gin, 43 %

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