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Chronique

L’économie circulaire dans l’industrie des spiritueux et de la bière

L’économie circulaire est souvent présentée comme un concept nouveau, pourtant c’est un modèle économique vieux comme le monde. Il consiste à faire, des sous-produits d’une entreprise, la matière première d’une autre, de façon à réduire le plus possible le coût des intrants et le gaspillage.

Par Geneviève Quessy, . 6 min de lecture.

L’économie circulaire dans l’industrie des spiritueux et de la bière
Courtoisie Noroi
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Devant l’urgence environnementale et la volonté prochaine des gouvernements d’interdire l’enfouissement des matières organiques, les modèles d’affaires inspirés du concept de l’économie circulaire se multiplient, et l’industrie de la distillerie et celle de la microbrasserie n’y échappent pas.

La drêche, pleine de potentiel

Un résidu important de l’industrie de l’alcool, c’est la drêche. Un sous-produit qu’il faudrait nommer autrement, selon le professeur et docteur vétérinaire Younes Chorfi, spécialiste en alimentation animale. « En anglais, on dit “by-product”, donc on pourrait appeler ça produit secondaire. Le terme sous-produit fait penser que c’est moins bon, alors que la drêche est plus riche que le produit initial. Le maïs, par exemple, comporte 8 % de protéines, tandis que la drêche de maïs contient 30 % de protéines. »

Selon lui, tous les animaux, y compris les humains, peuvent en manger, autant les bovins, porcs, volaille, chiens et chats, que grillons! Tout est question de ratio. La drêche humide contenant des mycotoxines, un taux d’inclusion de 20 % de la ration permet de contrôler les risques sanitaires.

L’économie circulaire par excellence, la ferme

L’économie circulaire est un vieux concept, parce qu’il est directement inspiré du modèle de la ferme, où l’herbe nourrit l’animal, qui nourrit l’humain, qui nourrit l’animal, qui nourrit la terre, bref, « Toute est dans toute », comme dirait Raoul Duguay.

Ryan Allen, propriétaire de la ferme brassicole MacAllen, le vit au quotidien. « Je donne à mes vaches et mes cochons des légumes invendus et des résidus de fabrication de bière. Drèche, restants de fruits fermentés, houblon, et fonds de fûts, si je ne les donne pas aux animaux, ça va au compost pour retourner à la terre. »

C’est, selon lui, cette alimentation variée qui donne à sa viande sa qualité particulière, ainsi qu’une façon pour lui de favoriser l’expression de son terroir à travers ses produits. « Mes animaux mangent des grains et des végétaux produit localement, ça leur donne un goût unique, local. C’est 1000 fois meilleur qu’un animal nourrit avec une moulée standard », n’hésite pas à dire Ryan Allen.

Le rêve : chacun son fermier

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