Terroir et Plaisirs › Produits du terroir
Chronique
Des variétés patrimoniales à intégrer au potager
Le frère Armand Savignac et des plants de la tomate rose Dufresne Savignac qu’il a créée à Joliette au début du siècle dernier.
Par Geneviève Quessy, . 2 min de lecture.
BV :
Il y a plusieurs raisons de cultiver des variétés patrimoniales de fruits et de légumes au jardin. Pour profiter du fait qu’elles sont particulièrement adaptées à notre terroir, pour perpétuer des plantes qui dépendent de notre bon vouloir pour exister, mais aussi pour redécouvrir des goûts et des histoires oubliées.
Au lieu d’acheter à la quincaillerie des semences produites en Californie ou en Italie, pourquoi ne pas les commander chez des semenciers québécois? « Quand on sème une graine d’une plante qui été développée dans un climat chaud, elle se retrouve un peu perdue une fois rendue ici. Les semences produites ici sont adaptées aux particularités de notre climat depuis des générations. Le plant va se développer mieux et être plus résistant aux maladie, ce qui simplifie le travail du jardinier,» explique Yves Gagnon, qui produit des semences patrimoniales et mène des travaux horticoles depuis 40 ans dans ses Jardins du Grand-Portage, dans Lanaudière.
Mais qu’est ce qu’une variété patrimoniale? « Pour moi c’est une variété qui a une histoire. Ici, je vends la tomate rose Savignac, créée par le frère Armand Savignac à Joliette. Il y a aussi le concombre Tante Alice, que cultivait madame Alice Gosselin à Saint-Lazare et dont les semences ont été retrouvées par son neveu. Je pourrais aussi vous parler du haricot Fortin ou du melon de Montréal, développé par les pères Trappistes d’Oka, » dit monsieur Gagnon.
Autrefois, les familles se transmettaient les semences issues de leur jardin. À partir du moment où l’industrie a pris le relais, les jardins se sont standardisés. En se basant sur des critères d’esthétisme, pour des raisons comme leur résistance au transport ou leur durée de conservation, les industriels de l’alimentation ont sélectionné certaines variétés, en laissant complètement tomber d’autres. Des décisions souvent prises au détriment du goût. Sans être cultivées, ces variétés sont vouées à disparaitre.
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