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Chronique

Les distilleries comme destination; le début de la route québécoise des spiritueux

Avec le changement de réglementation, il est désormais possible de se procurer directement sur place les spiritueux produits par l’ensemble des microdistilleries québécoises. Somme-nous sur le point de voir un nouveau secteur de l’agrotourisme s’ouvrir au public?

Par Jean-François Pilon, . 7 min de lecture.

Les distilleries comme destination; le début de a route québécoise des spiritueux
Distillerie du St. Laurent
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« Bien sûr, nous avons accueilli la nouvelle avec beaucoup d’enthousiasme », exprime, sans grande surprise, Sophie Mercille, coordonnatrice marketing/service client de la Cidrerie Michel Jodoin, la première microdistillerie à ouvrir au Québec. Jusqu’à maintenant, bien que la cidrerie pouvait faire déguster son brandy de pomme sur place, les visiteurs ne pouvaient pas partir avec une bouteille. « C’est donc une très bonne nouvelle que nous puissions vendre nos propres produits sur les lieux », poursuit-elle.

On retrouve dorénavant à la boutique le brandy de pomme et la liqueur de pomme dorée, deux spiritueux qui étaient auparavant exclusifs à la SAQ. « Beaucoup d’amateurs sont venus s’en chercher une ou plusieurs bouteilles dans les premières semaines suivant la nouvelle loi et l’engouement continuera certainement cet automne avec la haute-saison touristique à la cidrerie », se réjouit Mme Mercille.

Cette cidrerie est déjà bien implantée et pourvue d’un spacieux et fort joli espace pour accueillir les visiteurs, mais qu’en est-il pour les distilleries qui, souvent par obligation réglementaire, sont situées dans des quartiers industriels? Quelques distilleries étaient prêtes, d’autres moins et les autres, pas du tout. « Je vous avoue qu’on ne croyait pas à la légalisation de la vente sur place de sitôt... J’imagine que des élections, ça stimule la machine à bonnes nouvelles! », explique Jean-François Cloutier, capitaine de la production à la Distillerie du St. Laurent et président de l’Association des Microdistilleries du Québec (AMDQ).

« Dans notre cas, la boutique était presque prête. Donc, nous avons pu nous retourner facilement. Nous sommes situés dans un quartier assez miteux de Rimouski avec très peu d’affichage et aucune promotion. Et pourtant, les gens nous trouvent. Pour le mois d’août, on parle d’une vingtaine de personnes par jour! », s’exclame-t-il. Là-bas, les visiteurs repartent principalement avec des bouteilles de gin vieux, car il ne jouit que d’une disponibilité limitée en SAQ.

Mais d’autres, même parmi les pionnières, ne sont pas tout à fait prêtes. Prenons l’exemple des Subversifs, qui sont en voie de déménager « Le projet de l’Église tient toujours. Nous avons presque fini, nous allons produire à Sorel en septembre », explique Fernando Balthazard, l’un des copropriétaires, « Nous ne sommes donc pas encore prêts à la vente sur place, nous allons commencer au printemps 2019 ».

Est-ce le début d’une route des spiritueux?

« Nous avons des gens de partout et, chose surprenante, près de la moitié ne connaissent pas nos produits. On assiste donc à la continuité du tourisme des alcools longtemps promu par l’industrie des bières micro! » affirme sans détour, M. Cloutier. Même engouement à Percé : « On a eu un énorme achalandage cet été, nous produisions que pour la vente directement à la distillerie sans fournir la SAQ et nous avons tout de même été en rupture de stock à deux reprises. Les gens se promènent de Pit à Auval jusqu’à nous. C’est une belle fraternité que nous avons avec Auval et Pit Caribou », raconte Amelie-Kim Bouliane de la Société secrète.

À la cidrerie Michel Jodoin, on accueille beaucoup de touristes français et américains, « certains repartent avec une bouteille, mais la plupart des acheteurs sont Québécois », précise Sophie Mercille. « Le fait de voir comment est fabriqué un produit et d’y goûter est une expérience spéciale : nous n’avons que de bons commentaires. Les ventes et l’achalandage sont en hausse par rapport aux années précédentes », poursuit-elle.

C’est la même chose du côté de Rimouski : « la visite est d’abord et avant tout une occasion de raconter notre histoire. Dans notre cas, les clients sont enchantés par leur visite. Notre ratio de vente est de plus d’une bouteille par visiteur! Nous prenons le temps de faire le tour, d’expliquer ce qui distingue les spiritueux des autres alcools, de répondre aux nombreuses questions. C’est vraiment l’occasion de connecter avec les clients », décrit Jean-François Cloutier.

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