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Terroir et Plaisirs › Spiritueux

Chronique

Histoire distillée de l’origine du spiritueux au Québec

On assiste depuis un certain temps à la résurgence du goût pour les spiritueux. Le gin et le whisky ont la cote. Étrangement, ce regain de popularité se nourrit à tout un univers de représentation tournant autour de la prohibition aux États-Unis (1919-1933). Pourtant, l’histoire des spiritueux au Québec remonte à bien plus loin.

Par Plaisirs Média, . 3 min de lecture.

Histoire distillée de l’origine du spiritueux au Québec
Bières et Plaisirs
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Partie d’une toile de Cornelius Krieghoff

De la guildive et du rhum

Vers le milieu du 18e siècle, le développement des plantations antillaises de canne à sucre sur le dos des esclaves noirs dans des colonies comme Saint-Domingue (Haïti) fit exploser la production de sucre, de mélasse, de guildive et de rhum. La mélasse constitue un sous-produit de l’extraction du sucre. En 1717, un décret royal protège les bouilleurs de vin (cognac et brandy) en interdisant l’importation de guildive en France. Les colonies d’Amérique du Nord devenaient les seuls débouchés légaux. Au Canada, on boit d’abord du rhum. En Nouvelle-Angleterre, la contrebande de mélasse française alimente les nombreuses distilleries qui fait la richesse des villes portuaires comme Boston. Cette « première industrialisation » alimente, ironiquement, le commerce de fourrure illicite des colons anglais en territoire français, source de tension qui débouche en mai 1754 à l’Affaire Jumonville et la guerre de la Conquête.

Rhum Made in Quebec

Après la Conquête, l’industrie du rhum tente de s’implanter à Québec et Montréal. Deux distilleries de rhum s’établissent à Québec : en 1769, une proche du Palais de l’Intendant, en 1770, la St. Roc Distillery et, en 1769, la Montreal Distilling Company. Toutes feront faillites avant 1800. Longtemps, les historiens ont dit que c’est la piètre qualité du produit qui explique cela. Ce n’est pas le seul facteur. En 1774, une loi du parlement britannique faisait qu’il en coûtait plus cher d’importer directement de la mélasse des Antilles anglaises que via la Grande-Bretagne. La compétition avec les distilleries américaines ayant accès à la mélasse française est trop rude.

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