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Chronique

Le cidre : éclairage non-filtrée d’une histoire filtrée

En 1807, un auteur, sous le pseudonyme Un Voyageur, écrit dans le journal Le Canadien : « Il faut observer que le cidre de ce pays est excellent, quand il est fait avec un peu de précautions ; il est si non supérieur, du moins égal au meilleur que l’on boit en Europe & dans les Etats-Unis, au jugement des connaisseurs ». Le cidre et le Québec partagent une longue histoire troublée (ou filtrée?). Je vous propose d’éclaircir quelques aspects de cette histoire filtrée.

Par Plaisirs Média, . 3 min de lecture.

Le cidre : éclairage non-filtrée d’une histoire filtrée
Bières et Plaisirs
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Dans les vieux pays…

Entendons-nous d’emblée : l’expression « cidre de pomme » est à proscrire. Comme on ne peut monter qu’en haut, on ne peut boire que du cidre… de pomme. C’est un pléonasme. Le cidre est un breuvage issu de la fermentation – traditionnellement spontanée – du jus de pomme ; alcoolisé de 1 % à 18 % ; plat ou effervescent ; filtré ou non ; de glace, de feu ou, simplement, à son ordinaire ; on peut le consommer en fût, au verre ou à la bouteille, mais surtout entre ami. Il est bu en Europe depuis l’Antiquité. En Espagne par exemple, le cidre détrônait jusqu’au XIVe siècle d’autres boissons comme la bière et le vin. En Normandie et en Bretagne, cette boisson des nobles conquerra les palais populaires au détriment des alcools de grains. Ce n’est qu’au XIXe siècle, avec le train et les grandes maisons de distribution, que dans ces régions le vin supplante le cidre.

Au temps de la Nouvelle-France

En Nouvelle-France, Louis Hébert, premier cultivateur européen de Québec, plante aussi le premier verger. Plusieurs colons qui s’établissent proviennent des pays cidricoles. Ils transposent graines et savoir-faire. La pomiculture se développe sur l’île d’Orléans et, sous l’impulsion des Sulpiciens, sur l’île de Montréal. Il fait même l’objet d’un commerce. En novembre 1711, la veuve Marie Brazeau de Ville-Marie signe devant notaire un marché de vente et de livraison de deux barriques de cidre à Pierre Pinssonneau dit Lafleur de La Prairie. À la Conquête, quelques marchands proposent dans la Gazette de Québec du cidre, en barrique ou en bouteille, importé de Grande-Bretagne et de Nouvelle-Angleterre. Pour leur part, deux tonneliers, Charles Hay et Claude Chauveau, offrent aux gens de Québec, du cidre de Montréal.

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