Chronique
Ces endroits où l’on sort et boit au Bas-Canada
Il y a les boissons et les endroits où on les boit. Aujourd’hui, il est pas mal assumé que lorsqu’on entre dans un bar ou un restaurant, on retrouvera au moins quelques éléments : tables, chaises, décorations; un bar, un comptoir ou une caisse enregistreuse; un décor, un menu contenant une variété de boissons et de victuailles. Les sens des mots auberge, cabarets, tavernes et hôtels sont le produit de transformations dans le temps.
Par Mathieu Perron, . 4 min de lecture.
Gravure David Loggan (CC BY 4.0)
Auberges, cabarets et tavernes
Au moment où la France fonde la Nouvelle-France, les auberges (ou hôtelleries) et les cabarets n’ont, en théorie, pas la même fonction. Comme le résume Mathieu Lecoutre : « Dans les auberges ou hôtelleries, on dort, on mange et on boit. Destinées aux voyageurs, elles sont plutôt situées près des portes et dans les faubourgs des villes. Dans les cabarets, on mange et on boit sur place mais sans y dormir ». Les cabaretiers ont la réputation d’encourager l’ivrognerie. Au Canada, on retrouvera cette connotation dans les termes « cantine » ou « cantiniers » qui renvoient au monde militaire et à l’intempérance de la soldatesque.
Vendre à « pot » ou à « assiette »
La vente de nourriture est une part importante du revenu du cabaretier. D’après les lois des guildes, le tavernier, c’est-à-dire un marchand de vin, ne peut vendre qu’à « pot », c’est-à-dire à emporter. Le tavernier n’a pas droit de vendre de la nourriture, si ce n’est quelques grignotines qui donnent soif (harengs, fromages, tripes, etc…). Dans les années 1680, les taverniers revendiquent le droit de vendre « à l’assiette », c’est-à-dire sur place, en offrant table, bancs, chaises et repas à ses clients comme le font les cabaretiers. La distinction entre taverne et cabaret s’émousse, même si tous ces termes se confondent dans l’usage.
La taverne obsolète
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