Chronique
LCBO : la solution bureaucratique à la fin de la prohibition
Le cannabis est désormais légal; la fin de la prohibition se concrétise dans plusieurs provinces par la mise en place d’une bureaucratie et d’un réseau étatisé de distribution, mais pas de production. Ce modèle ne provient pas de nulle part; c’est du moins ce que soutient l’historien Dan Malleck dans Try to Control Yourself : The Regulation of Public Drinking in Post-Prohibition Ontario, 1927-44 un livre paru en 2012.
Par Mathieu Perron, . 3 min de lecture.
La fin de la prohibition
La fin de la prohibition des boissons alcooliques en Ontario n’a pas mis fin aux mouvements de tempérance. La création du Liquor Control Board of Ontario (LCBO), fondé en 1927, met fin au régime prohibitionniste installé depuis 1916. Cette année-là, le gouvernement conservateur de sir William Howard Hearst obtint la sanction royale de la Ontario Temperance Act, prohibant virtuellement la vente au détail – mais non la production – d’alcool dans la province. En 1918, la Première Guerre mondiale bat son plein et le gouvernement fédéral entérina par décret la fin de la vente d’alcool au pays afin de rediriger les ressources du Dominion vers l’effort de guerre. En 1919, la guerre terminée, le décret devient échu. Au Québec, la prohibition cesse presque aussitôt. En 1922 est mise en branle la Commission des Liqueurs du Québec. De l’autre côté de la rivière des Outaouais, la prohibition se poursuit.
Les yeux et les oreilles de la LCBO
Comment opère la LCBO? Comme toute machine bureaucratique, le Liquor Board se nourrit d’information. Ses yeux et ses oreilles sont ses agents et les citoyens.
Des agents sont postés dans chaque brasserie et distillerie. Ils s’assurent du respect du monopole de la distribution au détail qui est établi par la loi.
Les agents s’occupent de traiter et catégoriser les informations que doivent leur fournir les propriétaires de bar souhaitant obtenir un permis de vente. Chaque postulant doit faire acheminer au Board une photo de l’intérieur de son établissement comme garanti de la bonne tenue et du bon ordre y prévalant. Quelques coups de chiffon et un coup de serpillière avant la photo ajoutaient certainement des points aux yeux des agents.
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