Chronique
Les enseignes d’auberge, de cabaret et de taverne du Québec ancien
C’est un objet omniprésent de notre quotidien et que l’on tient pour acquis. Les enseignes bornent nos rues. L’égaré se repèrera à travers une ville grâce à elles. Le commerçant donnera une couleur unique à son établissement. L’assoiffé identifiera par ces tableaux d’un genre particulier le lieu de son étanchement. Mais l’enseigne ne se résume pas à sa seule fonction commerciale. Je vous invite donc ici à une brève histoire de l’enseigne d’auberge et de taverne dans un Québec bien différent du nôtre.
Par Mathieu Perron, . 4 min de lecture.
DerMac
CC BY-SA 2.0
Qu’est-ce qu’une enseigne et à quoi sert-elle ?
En 1768, le juriste canadien François-Joseph Cugnet propose cette définition : « Les enseignes sont des signes ou marques publics qui se mettent en quelques endroits, et qui portent pour l’ordinaire une image, pour désigner une boutique ou un magasin ». Cela peut paraitre banal, mais elle a tout de même une certaine importance, voici pourquoi.
D’abord, les enseignes constituent des points de repère dans l’environnement urbain. Marqueurs visuels dans une ville qui ne possède pas encore un système d’adresses civiques, les établissements les plus connus servent à se localiser en rapport à eux. Ça ne vous rappelle rien ? : « Oui ! Je t’attends sur telle rue. Non ! À côté du < le nom de votre microbrasserie préférée > ».
Ensuite, le bâti des débits de boissons de l’époque diffère peu des logements voisins. Dans une société où l’analphabétisme est vastement répandu, ces enseignes simples, souvent uniquement composées d’une image rudimentaire, permettent à la clientèle peu avisée de repérer les lieux dédiés à l’accueil. Parce qu’il identifie un bâtiment privé, comme étant l’hôte d’activités, publiques et commerciales, les autorités sont plus à même de surveiller et d’encadrer ces espaces.
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