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Chronique
Les petits pains gumbo : Quand le bayou de la Louisiane percute la banquise du Saguenay
Par Marie-Chantale Pelletier, . 5 min de lecture.
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Chaque année, dès que les feuilles commencent à tomber, une étrange frénésie s'empare de moi. Pendant que les gens normaux magasinent leurs costumes d'Halloween ou boivent des lattés à la citrouille, moi, je passe en mode survie et je commence à remplir mon congélateur pour le réveillon de décembre. Chez nous, la règle est simple. On ne nourrit pas juste la famille, on nourrit tous ceux qui croisent notre chemin. Et s’il y a bien une vedette incontestée sur la table du buffet du temps des fêtes, la Céline Dion de nos hors-d'œuvre, c’est le légendaire petit pain gumbo.
Dans les années 1950, la compagnie américaine Campbell’s tente d'imposer au Canada sa soupe condensée Poulet et gombos, un clin d'œil direct à la Louisiane. Le gombo (ou « okra ») a la particularité de contenir un mucilage gélatineux. Dit de même, on dirait la description d'un gel extraterrestre et ça ne donne pas follement faim. Mais en cuisine, c'est de la magie pure ! Ça lie et épaissit une sauce sans l'ombre d'une pincée de fécule !
À l’époque, Campbell’s voulait qu'on utilise cette soupe pour faire des « Sloppy Joes ». Mais c’était sous-estimer gravement le génie créatif de nos mères et de nos grand-mères ! Grâce au réseau des Cercles de fermières, la recette a muté. La viande hachée est sortie du « vulgaire » pain hamburger pour s'anoblir dans de petits pains à salade briochés, précieusement momifiés dans leur papier d’aluminium.
D'ailleurs, parlons-en de cet emballage ! On sait tous que le petit pain gumbo sortant du four défie les lois de la thermodynamique. Au réveillon de 1998, mon oncle, un peu trop affamé par l'odeur du buffet, a saisi un petit pain à mains nues. Résultat ? Il a jonglé avec la boule d'aluminium pendant dix bonnes secondes avant de la garrocher par réflexe directement dans le sapin de Noël. Le pain a survécu (ces choses sont blindées), mais le salon a senti l'épinette rôtie à la moutarde toute la soirée. Morale de l'histoire : le petit pain gumbo exige de la patience !
Chez moi, la tradition ne niaise pas avec la « puck ». Ma mère préparait sa farce avec du ketchup de la fameuse marque populaire et de la moutarde « baseball » jaune fluo. Curieuse de savoir si ma famille était normale, j’ai mené un sondage maison (zéro scientifique, 100% gourmand) sur des sites culinaires connus.
Voici le verdict de cette guerre de religion :
La touche rouge : 60 % ne jurent que par la sauce chili, 30 % sont fidèles au ketchup (comme maman !) et 10 % mélangent les deux pour éviter les chicanes de famille.
La touche jaune : La moutarde préparée écrase la compétition à 75 %, laissant des miettes à la moutarde sèche (15 %) et aux indécis qui combinent les deux (10 %).
Mais qu’on soit de la brigade ketchup ou du clan sauce chili, posons-nous la vraie question suivante : pourquoi continuer d’utiliser des condiments bourrés de sirop de maïs artificiel fabriqués par des méga-corporations ?
C’est ici que nos papilles font un dérapage contrôlé pour s'arrêter au Saguenay ! L’entrepreneur Simon-Pierre Murdock a eu l'idée de génie de lancer Canada Sauce, une marque d’ici d'abord brassée à Chicoutimi-Nord. Son but ? Offrir une alternative 100 % locale au sacro-saint trio ketchup-moutarde-relish.
Adieu additifs bizarres, bonjour la vraie nourriture :
des tomates de l'Ontario.
des concombres canadiens (dont une fière délégation de Saint-Félicien !).
des grains de moutarde du Manitoba.
Bref, une étiquette propre comme un sou neuf, certifiée Zone boréale et Aliments du Québec.
Cette année, pour honorer la recette de maman tout en sauvant l'économie locale, j'ai décidé de « pimper » mes petits pains avec les produits de Canada Sauce. Et parce que je ne fais jamais les choses à moitié, je prépare mes propres pains avec la farine de La Boulangerie de Normandin. (Mais rassurez-vous, si l'idée de pétrir de la pâte vous donne des sueurs froides, courez simplement dévaliser la boulangerie de votre quartier !).
Ici, mes petits pains sont déjà cuits, emballés et sagement empilés au congélateur en attendant le mois de décembre.
Ingrédients :
– 1 filet d’huile végétale de la Ferme Tournevent;
– 1 lb boeuf haché maigre;
– 1 canne de soupe au poulet gumbo (284ml);
– 3 c. à soupe Ketchup Sauce Canada;
– 3 c. à soupe moutarde Sauce Canada;
– 1 oignon moyen haché finement;
– Au goût sel;
– Au goût poivre;
– 1 douzaine de petits pains de 6’’ de long faits maison ou achetés.
Préparation :
1- Faire chauffer l’huile à feu moyen-fort dans un chaudron;
2- Faire cuire l’oignon avec le boeuf haché;
3- Une fois cuit à environ 80%, ajouter les autres ingrédients dans la casserole;
4- Porter à ébullition et baisser le feu à minimum;
5- Laisser réduire jusqu’à ce que le mélange soit consistant (brasser souvent pour ne pas qu’il colle au fond du chaudron);
6- Laissez refroidir dans le frigo ou dehors si vous êtes en hiver;
7- Couper les pains en deux;
8- Garnir les pains avec le mélange de boeuf haché et les emballer individuellement dans du papier d’aluminium;
9- Faire cuire les pains farcis au four à 400°F jusqu’à ce qu’ils soient croustillants.
10- Vous pouvez les garnir de fromage avant l’étape du four si désiré.
Cette recette se congèle très bien !!!
https://lapetitebette.com/recette/petit-pain-fourre-viande-gumbo/
https://sophien.canalblog.com/archives/2015/12/20/33097542.html
https://urbania.ca/article/le-grand-voyage-des-petits-pains-fourres
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