Chronique
Dix ans sont passés, dix ans de changements pour le monde de la bière au Québec
Un peu plus d’une dizaine d’années s’est écoulée depuis que le magazine papier de Bières et plaisirs a été lancé sur le marché en 2009. Dix ans qui ont vu le monde du brassage de la bière au Québec sérieusement révolutionné.
Par Geneviève Quessy, . 5 min de lecture.
À commencer par le nombre de microbrasseries en constante augmentation. Selon les plus récentes statistiques de l’Association des microbrasseries du Québec (AMBQ), leur nombre aurait triplé en dix ans, passant de 87 en 2011, à 272, début 2021.
Une compétition qui n’inquiète pas les grands brasseurs. « En dix ans, nos parts de marché n’ont pas tellement bougé. On se maintient grosso modo autour de 90 % », affirme Patrice Léger-Bourgoin, directeur général de l’Association des brasseurs du Québec (ABQ), laquelle représente les trois grands brasseurs, Molson Coors, Labatt et Sleeman.
Ce qui laisserait 10 % de part de marché pour les micros? Marie-Eve Myrand, directrice générale de l’AMBQ, n’y croit pas. « En 2016, selon les données officielles du ministère de l’Économie, les microbrasseries détenaient 11 % des part de marché. Depuis, le nombre de permis a augmenté, ainsi que la capacité de production de plusieurs. De nouveaux chiffres vont sortir bientôt, mais on évalue plutôt à 15 ou 16 % la part de marché des micros. »
Finie, la bière réservée aux nachos
Globalement, le marché de la bière est en décroissance, plusieurs études internationales le démontrent. Toutefois, grâce aux réseaux sociaux et à l’information qui circule, les consommateurs sont plus éduqués sur le sujet, à l’affût de produits de niche et de nouveautés. L’offre est plus variée, mais la demande est plus exigeante.
« C’est bien fini l’époque où la bière était réservée à la game de hockey avec les nachos. Maintenant, les gens font des dégustations, des accords mets-bières, c’est devenu une expérience gastronomique», dit Sébastien Paradis, président directeur général des Brasseurs du Nord.
Une réalité qui force les brasseurs à s’adapter, poursuit-il. « Il y a dix ans, offrir une blonde, une rousse et une blanche, c’était suffisant. Maintenant, on est dans la multitude. On doit s’adapter en tant que brasserie. Juste depuis les cinq dernières années, notre modèle d’affaires a complètement changé. Pas le choix, la demande implique des changements au niveau de la façon d’opérer, et des investissements en équipement. Ce n’est pas nécessairement facile, mais c’est nécessaire. »
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