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Chronique
Commerce de détail : que nous réserve l’après-COVID?
Avec les bars et les restaurants fermés, plusieurs détaillants ont connu des ventes record de bière. Comment entrevoient-ils l’avenir? Des intervenants s’expriment.
Par Catherine Couturier, . 5 min de lecture.
Le confinement et l’imposition de mesures sanitaires ont considérablement changé les habitudes de consommation des Québécois. « On a connu une hausse de vente significative dans l’ensemble des épiceries et des commerces d’alimentations », confirme Pierre-Alexandre Blouin, président-directeur général de l’Association des détaillants en alimentation du Québec. Confinés à la maison, les gens cuisinent davantage, entraînant une hausse dans tous les départements (viandes, poisson, etc.), et l’alcool n’est pas en reste.
Raphael Ethier, propriétaire de la Station des bières à Belœil a aussi connu une année exceptionnelle, même durant les périodes où les restaurants et les pubs ont pu brièvement rouvrir. « On a eu de grosses semaines, surtout l’été. Et, alors que les mois d’octobre et de novembre sont d’habitude tranquilles, ça a été excellent pour nous », confie-t-il.
« Il n’y a pas quoi se réjouir en ce moment », nuance toutefois Pierre-Luc Gagnon, gérant et conseiller en bières de microbrasseries au Dépanneur Peluso. Selon lui, on ne peut pas parler d’année record, mais bien d’un gros printemps et d’un gros été : « L’automne a été un peu plus sobre et l’hiver s’annonce plutôt difficile. Il est difficile de jongler avec l’imprévisible et l’incertitude en ces temps peu festifs. »
S’adapter pour survivre
Pendant ce temps, les brasseurs ont dû s’adapter pour envoyer leur production habituellement réservée à leur salon de dégustation ou à d’autres restaurants vers les tablettes. La toute jeune Brasserie Sir John Brewing a ainsi transféré toute sa production en canette, peinant à suivre la demande des marchands. « La demande a explosé. Pour nous, ça a été une carte de visite formidable », confie Maxime Hébert, copropriétaire de la microbrasserie ayant ouvert huit mois avant la pandémie. Les propriétaires ont dû s’acheter un camion pour la distribution, et la nouvelle encanneuse manuelle à deux têtes ne suffisait plus à peine quelques mois plus tard, remplacée à la fin de l’été par une encanneuse automatisée à quatre têtes. La Brasserie Sir John Brewing est en plein agrandissement et compte ainsi quadrupler sa production (3000 canettes à plus de 12 000), malgré la crise sanitaire et la fermeture de son salon de dégustation depuis les Fêtes.
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