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Chronique

Des traditions brassicoles allemandes perpétuées au cœur de Granby

La Brasserie Vrooden fêtera dans quelques mois son cinquième anniversaire. C’est impressionnant de voir qu’en moins de cinq ans, la brasserie s’est taillé une place de choix sur la scène brassicole, notamment en tant que figure de proue des bières d’inspiration allemande. C’est aussi dû au fait qu’elle s’aventure de plus en plus à l’extérieur de sa zone de confort et que les produits sont tout aussi impeccables. L’avenir est prometteur.

Par David Sparrow, . 12 min de lecture.

Des traditions brassicoles allemandes perpétuées au cœur de Granby
Brasserie Vrooden
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La microbrasserie Vrooden de Granby a officiellement ouvert ses portes le 16 mai 2016. Les trois fondateurs sont Carol Duplain, André Coulombe et Hervé Gagnon, trois amis qui décident de se lancer en affaires dans le milieu brassicole. Assez rapidement, André quitte la brasserie et Marc--André Legrand vient compléter le trio de propriétaires actuel. Il s’occupe principalement de la promotion et des ventes, Hervé s’adonne aux finances et Carol se charge de la production et d’un peu tout ce qui reste.

Un projet bien ficelé

Initié en juin 2015, le projet se développe rapidement, l’équipe misant sur des expériences pertinentes pour bien organiser le tout. D’emblée, le trio souhaite s’installer à Granby et déniche rapidement le local du 617, rue Simonds Sud dans le parc industriel. En février 2016, le groupe reçoit son système de brassage spécialement conçu pour brasser à l’allemande. Trois mois plus tard, la brasserie est officiellement en activité.

« On fait toutes nos bières par décoction, cela implique un peu plus d’équipements, car toutes les pièces maitresses du système de brassage sont séparées », explique Carol qui ne jure que par ce type de brassage. « Ça fait une grosse différence selon moi, ça donne un goût plus malté en raison de la réaction de Maillard qui apporte une certaine caramélisation. J’ai comparé avec des recettes identiques et le procédé joue au niveau de la complexité et sur le côté malté de la bière », résume-t-il.

Réception des produits

Les bières de styles allemands de Vrooden sont très bien accueillies à leur sortie. Si les quatre premières offrandes – une Bohemian Pilsner, une Altbier, une Schwarzbier et une Weizen – tombent dans le cliché blonde-rousse-noire-blanche, la signature allemande et l’exécution réussie permettent à la brasserie de se démarquer presque instantanément.

La première année a été très positive, Vrooden brassant environ 850 hectolitres (hl) pour l’année comparativement aux 350 hl anticipés… Les gens étaient certes curieux de découvrir la bière allemande. Par la suite, une diminution se fait un peu sentir forçant la brasserie à explorer d’autres styles plus en vogue.

Un choix judicieux puisque les meilleurs vendeurs de la brasserie sont aujourd’hui sa Chocolate Stout, sa New England IPA et sa Double IPA. Plusieurs produits allemands fonctionnent également très bien, mais l’engouement pour les bières à l’influence américaine est simplement trop important actuellement.

Mise en valeur de la tradition allemande

« Nos bières allemandes ont stagné un peu. On a gagné beaucoup de prix avec ces bières-là, mais on dirait que ça fait peur aux gens lorsque ça se retrouve sur les tablettes », avance Carol qui a déjà reçu des commentaires de détaillants à cet égard. C’est d’ailleurs ce qui pousse la brasserie à revoir son image pour peut-être combattre cette tendance.

« On travaille avec une agence pour refaire le branding des produits notamment en donnant des noms à nos bières et sans pour autant enlever le style sur le produit pour bien l’identifier. L’image aussi va être modifiée pour aller vers quelque chose de plus classique et plus recherché », indique le brasseur.

La Franconienne, une Dunkel Kellerbier, et la Nuit de Prague, une Tmavy Lezak, laissent d’ailleurs partiellement entrevoir ce qui s’en vient. Le nom devrait permettre aux consommateurs de s’identifier à la bière plus facilement alors que les aficionados pourront toujours reconnaître l’inspiration précise du brasseur.

À l’horizon

Les propriétaires comptent bonifier l’expérience du salon de dégustation en ajoutant éventuellement une belle terrasse qui attirera les amateurs de bière lors de la belle saison. Côté bière, on poursuit le déploiement de produits vieillis en fûts issus du chai de la brasserie qui dénombre près d’une centaine de barriques. On a récemment vu sa Scotch Ale qui fera place très prochainement à un Russian Imperial Stout.

Une Old English Ale ayant passée près de deux ans en barrique est aussi attendue, de même que le retour de l’Imperator, le Porter baltique de la brasserie. La Récolte oubliée, une Roggenbier signature verra également le jour. Aussi, à prévoir, la sortie d’une Lichtenhainer, une bière pâle légèrement fumée et acidulée, brassée avec Francis Richer de Harricana, un complice brassicole apprécié de Carol.

Bientôt, quelques produits sans alcool additionnels s’ajouteront à la gamme. Sortie un peu vite au goût du brasseur, elle prend néanmoins rapidement de l’ampleur; les bières sans alcool comptant déjà pour 20 % de la production de Vrooden. « On voulait saisir l’opportunité et on a déjà beaucoup amélioré les produits depuis leur sortie. Elles sont rares les rousses sans alcool sur le marché et un Stout vient juste de s’ajouter. On va poursuivre avec d’autres produits », indique Carol qui ne veut pas pour autant en faire plusieurs sortes.

Épris des malts allemands

Ingénieur chimique de formation, c’est lors d’un cours en entrepreneuriat que Carol Duplain réalise qu’il possède les aptitudes pour se lancer en affaires. Amateur de vin, il commence à brasser de la bière avec des amis. Les styles allemands et leurs techniques de brassage l’interpellent particulièrement.

Originaire du Saguenay, Carol y passe les 23 premières années de sa vie avant de partir pour Bromont où un emploi chez IBM l’attend. À 30 ans, il décide de reprendre les études, cette fois en génie chimique. En 2014, il découvre le brassage avec des amis où il se plait à concocter des recettes de bières allemandes. Extrémiste de son propre aveu, Carol y développe une réelle passion et choisit de s’y consacrer à fond.

Il s’achète de nombreux livres techniques, en fait même traduire de plus vieux de l’allemand, afin de parfaire ses connaissances et d’améliorer ses techniques de brassage. Il fera d’ailleurs lui-même le design de sa brasserie sans même avoir travaillé ou suivi une formation dans le domaine.

La première bière que vous avez brassée?

C’était une Weisenbock Dunkel que j’avais faite à la maison. Elle goûtait la banane pas à peu près! Elle était bonne par contre. Par la suite, j’ai vraiment tripé à faire des Lager avec des fermentations dans le frigo.

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