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Chronique
Ces femmes qui brassent de l’air… et de la bière!
Brasser est un métier physique, on ne se le cachera pas. Cela dit, est-ce suffisant pour expliquer pourquoi aussi peu de femmes seraient passées à la production? En partie, peut-être. Mais, voyons voir ce qu’en pensent celles qui ont justement décidé de passer de l’autre côté du mur.
Par Valerie R. Carbonneau, . 6 min de lecture.
Catherine D. Foster de La Korrigane a toujours été attirée par des activités non traditionnelles, autant sur le plan professionnel que personnel. Chasseuse et pêcheuse à ses heures, la géologue de formation avoue que le fait d’être une femme dans un monde d’hommes ne l’a jamais arrêtée. « Au contraire, ça me stimulait à performer et à montrer que j’étais aussi capable que n’importe qui de faire ce que je voulais », admet-elle en précisant que son père l’avait initiée à la pêche et au brassage. En plus de lui transmettre son savoir, il lui a même partagé des recettes qu’il travaillait encore à améliorer 20 ans plus tard!
Ces jours-ci, la brasseuse brasse moins. Bien qu’elle travaille encore à la recherche d’ingrédients et à l’élaboration de nouvelles recettes, la gestion a pris le dessus, et le brassage lui manque énormément. « J’ai réussi dernièrement à bien m’entourer et d’ici quelques semaines je pourrai déléguer complètement la gestion du restaurant et du bar. J’ai un côté créatif fort et je veux continuer à l’exploiter! »
Le métier de brasseuse peut certainement faire peur aux femmes. Règle générale, les hommes sont plus forts physiquement, c’est indéniable. Par contre, dans une brasserie comme ailleurs, il y a moyen de rendre les installations plus ergonomiques et à ce point-là, le volume des biceps n’est plus tellement important. « En adaptant la hauteur des équipements, j’ai eu à déployer beaucoup moins de force pour obtenir le même résultat. Il existe des ajustements simples comme limiter le poids des outils et des équipements en recourant à un fourquet plus léger et en utilisant des barils de 30 litres plutôt que 50, voilà des exemples qui peuvent vraiment faire une différence. De toute manière, en limitant le risque de blessures, d’épuisement physique et de troubles d’ordre musculo-squelettiques, ces modifications seront bénéfiques à tous. D’autant plus que plusieurs adaptations sont simples et peu coûteuses... »
Le pouls des dix dernières années
Si la gente féminine occupe beaucoup de postes du côté des ventes, du marketing et de l’administration dans les brasseries, dans les salles de brassage, elle se fait rare. Cela dit, les trois femmes que nous avons interpellées nous confirment qu’elles se sentent très respectées dans un milieu attirant une majorité d’hommes. « J’ai été invitée par plusieurs brasseurs pour brasser en collaboration. Mais oui, on m’a déjà envoyé des blagues déplacées du genre « que je brassais de la confiture dans mes chaudrons »… Certains beer geek ont un malaise avec le fait qu’une femme brasse de la bière, j’en ai été témoin. Ils sont portés à parfois juger le produit sans même lui avoir goûté » partage Catherine.
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