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Chronique
Contenants et consignes : ces épines dans le pied de l’industrie
Dans la foulée du trop grand nombre de contenants qui s’ajoute au casse-tête perpétuel des consignes de bouteilles, nous avons demandé à la directrice générale de l’Association des Microbrasseries du Québec (AMBQ), Marie-Ève Myrand, et au directeur général de l’Association des Brasseurs du Québec (ABQ), Patrice Léger-Bourgoin, de dresser un portrait de la situation à l’heure actuelle.
Par Valerie R. Carbonneau, . 7 min de lecture.
Rappelons qu’un CRM (contenant à remplissage multiple) relève d’un système géré par l’entreprise privée et qu’il concerne des bouteilles pouvant être remplies au minimum 10 fois. De plus, l’entente stipule que « le brasseur doit démontrer [à Recyc-Québec] qu’il a un système structuré et ordonné de cueillette de contenants. » Gérée par Recyc-Québec, l’entente publique sur les CRU (contenant à remplissage unique) elle, s’applique à des contenants remplis une seule fois avant d’être envoyés au recyclage.
En effet, la multiplication des types de formats de contenants est venue complexifier la situation, explique d’emblée Marie-Ève Myrand, qui raconte qu’elle avait elle-même compté 15 contenants différents en moins d’une minute plus tôt dans la journée, alors qu’elle était de passage chez un détaillant. « Dans les faits, il y a actuellement très peu de CRM qui sont reconnus par Recyc-Québec : la bouteille classique 341 ml, la 500 ml ALE et la BN050. » Le rôle de l’AMBQ là-dedans est de soutenir ses membres microbrasseurs en tentant aussi de freiner la multiplication des contenants pour ainsi faciliter la vie des détaillants.
« Recyc-Québec est une organisation partenaire, pas juste un régulateur, et elle s’est confessée de n’avoir pas nécessairement joué le rôle qu’elle devait jouer, affirme Marie-Ève, ce qui explique en partie le laisser-aller dans l’industrie. Alors, on s’est réunis et on a commencé par la base, c’est-à-dire par sensibiliser tous les acteurs », précise celle qui patauge chaque semaine dans ce dossier complexe depuis son arrivée à la barre de l’AMBQ, il y a bientôt deux ans.
Des détaillants lèvent le drapeau depuis quatre ans parce qu’ils en ont assez de voir traîner et s’empiler des tonnes de bouteilles de formats disparates que certains brasseurs et/ou livreurs refusent de ramasser. Certaines microbrasseries se plaignent également de ramasser et devoir gérer bien plus de retours que ce qu’ils ne mettent en marché pendant que d’autres s’en sauvent… « Si une micro ne retourne jamais chercher ses contenants, elle se met un 20 ou 30 sous de plus dans les poches parce qu’en la ramassant à sa place, c’est une autre micro qui rembourse le détaillant… Ce n’est pas toujours de mauvaise foi, mais il est sûr qu’il y a un débalancement dans le système. »
En 2017, l’AMBQ a donc répondu à l’appel de quatre ou cinq micros pour trouver des solutions à cet enjeu pour toute l’industrie qu’est la gestion des contenants.
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