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Chronique
L’industrie du houblon en santé
Hausse faramineuse des prix, rareté du produit, panique générale. La crise du houblon de 2008, qu’elle ait été spéculative ou réelle, a certainement eu des incidences négatives. Mais à long terme, elle a permis à l’industrie de se stabiliser.
Par Anne-Marie Luca, . 5 min de lecture.
Jean-François Gravel a compris très tôt dans sa carrière de brasseur professionnel l’importance des bonnes relations d’affaires et ententes avec les producteurs de houblons. Alors que son inventaire de East Kent Golding d’Angleterre tirait à sa fin au printemps 1999, il a dû attendre jusqu’en novembre pour la prochaine récolte. « C’est à ce moment que j’ai réalisé qu’il pouvait manquer de houblon, et qu’on m’a expliqué le fonctionnent des contrats », se souvient le maître-brasseur de Dieu du Ciel!.
Quand la crise a frappé dix ans plus tard, la brasserie l’a traversée plus facilement que d’autres. « On avait établi une bonne relation avec le producteur américain Hopunion, qui a travaillé fort pour qu’on puisse avoir rapidement un quelque chose de décent », ajoute-t-il.
Bien que la pénurie de 2008 ait eu des conséquences néfastes pour l’industrie, elle a convaincu les acteurs du milieu que cette collaboration entre brasseurs et houblonniers est primordiale, note Jean-François Gravel. Une prise de conscience positive, souligne-t-il, qui permet de cultiver selon la demande et, sur le long terme, d’obtenir de meilleurs prix. « Les producteurs et les courtiers avaient peu d’écoute. Mais depuis deux ou trois ans, ils ont plus de représentants et sont davantage en mode vente. »
Dix ans après la période sombre, le marché du houblon s’est stabilisé et la production mondiale est à la hausse. Bien que certaines souches restent encore rares, le houblon en général est beaucoup plus accessible.
Le cultivateur de houblon américain Hopsteiner compile chaque année depuis dix ans des chiffres sur la plante. Selon leurs plus récentes données, la production mondiale a augmenté de 30 % en trois ans, pour atteindre 113 902 tonnes métriques en 2017. Les États-Unis, en chef de file, en ont produit environ 40 %, suivi de l’Allemagne avec 36 %. La production mondiale de bière est quant à elle restée stagnante, autour de 1 977,9 millions d’hectolitres. « Nous ne sommes plus du tout en situation de pénurie, souligne l’agronome Julien Venne, conseiller en production végétale biologique au ministère de l’Agriculture du Québec (MAPAQ). On atteint des records, et en regardant ces chiffres, on peut supposer que le taux de houblonnage par hectolitre est en hausse. »
Prix à la hausse
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