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Chronique

Une avenue en puissance ?

Même si les bières québécoises artisanales sans alcool tardent à poindre sur le marché, on peut dire qu’on est loin de l’époque où la 0,5 % s’adressait aux femmes enceintes et aux (ex)alcooliques. En effet, celles-ci gagnent du terrain et ça, plusieurs intervenants en témoignent! D’ailleurs, il faut savoir que dans le jargon des bières sans alcool, on inclut tout ce qui figure en bas de 0,5 % d’alcool par volume.

Par Valerie R. Carbonneau, . 6 min de lecture.

Une avenue en puissance ?
Georgerudy | Dreamstime.com
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Chez Le Bien, Le Malt, à Rimouski, la seule initiative de bière sans alcool s’est traduite par un simple pari. « L’idée de produire une bière à 0,5 % résulte d’un défi lancé au brasseur de l’époque par une des associées de l’entreprise qui était enceinte », raconte le brasseur et copropriétaire Denis Thibault. Le projet s’est développé et réalisé en collaboration avec le département de génie de l’Université du Québec à Rimouski (UQAR) au moyen d’un procédé visant la désalcoolisation d’une bière produite de manière classique par une ébullition sous vide : en abaissant la pression, l’ébullition pouvait être atteinte à une température plus basse, évitant ainsi une trop grande altération du goût de la bière.

Baptisée La Poule, cette bière a été vendue au pub uniquement, en fût, et durant un temps limité… la demande pour le produit ne justifiant pas le temps investi pour sa réalisation. Voilà qui sous-tend qu’aucun autre projet de bière sans alcool n’est prévu pour la brasserie artisanale rimouskoise. « Pour nous ce n’est pas un marché intéressant, considérant la demande pour ce produit et la présence de bière sans alcool sur le marché comme la Bitburger Drive ou la Beck’s. ».

Nouvelle niche à Drummond ?

S’il s’agit d’un marché inintéressant pour certains, d’autres microbrasseries y voient plutôt un potentiel notable. C’est le cas de BockAle, qui encannait ces jours-ci une IPA sans alcool. En effet, le brasseur et propriétaire de la micro de Drummondville, Michael Jean, est persuadé depuis l’ouverture que la bière sans alcool est un créneau intéressant, un « style » sous-exploité qu’il compare au phénomène de la bière sans gluten. « Avant, personne ne croyait qu’elle pouvait être aussi bonne que n’importe quelle autre bière artisanale, tandis qu’aujourd’hui, elle est bien présente sur les tablettes et elle comble un besoin important. »

BockAle veut produire des bières de microbrasserie sans alcool et sans compromis au niveau du plaisir gustatif. Le public visé : les amateurs actuels qui veulent rentrer à la maison en toute sécurité. « La demande est présente, mais elle doit être travaillée, précise-t-il. On a qu’à penser au kombucha qui s’empare désormais des lignes... Les clients veulent faire un cool down avant de quitter l’établissement et la bière sans alcool vient combler ce besoin tout en conservant le plaisir. Par la même occasion, les tenanciers pourront vendre une bière de plus plutôt que de passer un verre d’eau. »

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