Bières et Plaisirs › Brasseries
Chronique
Microbrasseries et nouveautés : trop c’est comme pas assez?
Les nombreuses nouveautés à poindre sur nos tablettes régulièrement sont-elles plutôt favorables ou défavorables au marché de la bière? Pendant que des microbrasseries recherchent constamment de nouvelles saveurs à faire découvrir à sa clientèle toujours en quête d’une nouvelle expérience gustative, d’autres persistent et rappliquent avec leurs « vieilles » recettes gagnantes. Après tout, existe-t-il vraiment une meilleure approche? Nous avons questionné quelques personnages issus de souches différentes du monde de la bière et voici ce qu’ils pensent.
Par Valerie R. Carbonneau, . 6 min de lecture.
Pour Rémy Du Berger, copropriétaire de Capsules Bière L’Axe du Malt, l’attrait de la nouveauté ne ces-se de grandir. « Nous sommes confrontés à une clientèle de plus en plus curieuse, friande de nouveaux produits, de nouvelles expérimentations. Pour les brasseries, c’est une manière d’innover, de tester le marché et d’exprimer leur créativité, parfois au détriment du consommateur, car ce n’est pas parce que c’est nouveau que c’est bon. Certaines brasseries misent beaucoup sur ce segment et ne frappent pas souvent de coups sûrs », explique-t-il en exposant que du côté des détaillants spécialisés, comme c’est son cas, il est difficile de gérer tous ces nouveaux produits, tant au niveau de l’espace qu’au niveau des commandes.
« Comment savoir si le produit est bon et vendra? Généralement, on ne goûte à presque rien avant d’acheter, ce qui fait que nous ne pouvons pas toujours bien conseiller nos clients. La nouveauté, ça vend. Mais, pas à n’importe quel prix! Le marché est encore très jeune et il se cherche... »
Nouveau, mais pas nécessairement bon
En effet, Rémy Du Berger renchérit en ajoutant que les consommateurs sont de plus en plus exigeants et qu’il n’y a plus de place pour la médiocrité, moins de place pour l’ordinaire et enfin, que les deuxièmes chances se font rares. « En tant que consommateur, je pense que ce segment est là pour rester, c’est un peu le R & D des micros. D’un autre côté, les bières saisonnières sont beaucoup plus intéressantes! Une nouveauté qui a frappé fort aurait tout intérêt à revenir, une fois par an, afin de profiter de l’engouement et de créer une plus forte demande. Cependant, puisque ce sont plus les tripeux qui recherchent les nouveautés, les bières régulières visent un marché plus stable de clients qui revisitent plus souvent les classiques de la brasserie. »
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