Chronique
Quand la variété complique les choses…
Bouteilles étroites, trapues, à goulot rétréci, avec bouchons de liège ou twist cap… Les formats de contenants à remplissage multiples (CRM) se diversifient, mais les détaillants se retrouvent avec un monticule de bouteilles vides de formes et de tailles différentes, que personne ne récupère.
Par Anne-Marie Luca, . 5 min de lecture.
Dans l’espace alloué à la gestion de la récupération du Dépanneur Peluso, à Montréal, plusieurs bouteilles vides ramassent la poussière. Souvent, c’est parce que les producteurs n’ont pas le temps de venir les reprendre ou manquent d’espace dans leur camion de livraison.
« Des employés s’occupent de ça à temps plein. Ça nous coûte cher, en plus de monopoliser la moitié du sous-sol », explique Pierre-Luc Gagnon, conseiller en bières au dépanneur spécialisé.
En plus d’accaparer l’espace, ces bouteilles de format non standard compliquent la gestion de la récupération. « Il faut trier, même celles qui sont identiques. Et [les brasseries] n’en reprennent pas toujours autant que nous voudrions, ce qui crée une accumulation difficile à gérer dans notre entrepôt », ajoute-t-il.
Même irritation auprès de l’Association des détaillants en alimentation du Québec (ADA). Pour eux, la diversification des CRM est devenue un casse-tête qui prend de l’ampleur, et de la place.
Ce n’est cependant pas la bouteille brune standard de 341 ml qui fait couler de l’encre. Son énorme volume pris en charge par de gros joueurs, notamment Molson Coors et Brasseurs RJ, simplifie la gestion de récupération. En un voyage, ces deux récupérateurs autorisés peuvent presque toutes les ramasser, même si certaines bouteilles proviennent initialement d’autres producteurs. Bémol : ils ne reprennent que les formats qu’ils utilisent, en l’occurrence, presque uniquement la petite brune bien répandue.
« Là où le bât blesse, c’est quand on parle du format qui se multiplie. Plusieurs de ces CRM dorment dans les arrières boutiques des détaillants, parce qu’elles ne sont pas récupérées », explique Pierre-Alexandre Blouin, vice-président aux affaires publiques de l’ADA.
Un problème que l’Association des microbrasseries du Québec (AMBQ) compte régler. « On est conscient qu’il y a un flou quelque part. L’idéal pour le corriger, c’est que l’industrie se discipline, plutôt que d’aller vers le cadre législatif et réglementaire du Québec, qui est un foutu bordel », déplore Jean-Pierre Tremblay, le directeur général de l’association.
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