Chronique
Pour ne pas que la craft beer nuise à la bière traditionnelle
D’un point de vue nord-américain comme le nôtre, la révolution microbrassicole ne se frotte à aucune tradition de goût. Se détaillant clairement à l’écart de la bière industrielle perçue comme trop aqueuse, elle offre une expérience semblable à celles des épiceries publicisant une passion pour la découverte de nouveaux aliments, de nouvelles expériences. La bière artisanale invite à avoir davantage de plaisir, et ça marche.
Par Martin Thibault, . 4 min de lecture.
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Chez nos voisins anglophones, on parle de craft beer. Depuis près d’une dizaine d’années maintenant, cette terminologie fait son petit bonhomme de chemin, traversant moult frontières, se retrouvant même en Scandinavie, en contrées méditerranéennes et au sein d’autres cultures aussi épicurieuses. Même si parfois on traduit craft beer dans la langue locale – comme käsitööõlu en Estonie – le terme possède la même connotation : des saveurs géantes produites par de petites brasseries.
Une conséquence de ce phénomène peut toutefois paraître inattendue : même les pays avec les plus vieilles traditions brassicoles toujours en vie – tels que l’Angleterre, l’Allemagne, la Belgique et la République tchèque – voient ces bières craft, où l’impact gustatif est roi, envahir tranquillement leurs espaces de dégustation. L’heure n’est pas à la panique pour les brasseurs de Mild Ale, de Dunkel, de Dubbel et de Tmavý Ležák. Mais une prise de conscience est de mise chez une jeune génération friande de sensations fortes. La scène brassicole d’aujourd’hui est riche, entre autres, parce que ces douzaines de styles traditionnels ont été peaufinés sur de longues années.
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