Bières et Plaisirs › Brasseries
Chronique
Quand les brasseries s’impliquent…
Collectes de fonds, insertion sociale, production locale… Les brasseries trouvent des moyens pour adhérer aux mouvements qui leur tiennent à cœur, et donner une place à la responsabilité sociale et environnementale. Tour d’horizon pour connaître la motivation derrière certaines d’entre elles.
Par Anne-Marie Luca, . 5 min de lecture.
La rainette faux-grillon est classée espèce menacée au Québec. Le gouvernement Trudeau a annoncé cet été l’interdiction de toute activité pouvant nuire à cette petite grenouille, dans des régions de la Montérégie. Un développement urbain a même dû être annulé, car il menaçait sa survie.
Cette espèce, vous l’avez aidée. Pour chaque bière Rescousse achetée, de la brasserie Dieu du Ciel ! (DDC), 0,11 $ a été remis au programme Faune en danger de la Fondation de la faune du Québec, laquelle permet de réaliser des initiatives visant à protéger et améliorer les habitats des espèces fauniques indigènes menacées ou vulnérables au Québec. « On a toujours eu à cœur l’environnement, qui est malmené ces temps-ci, explique Stéphane Ostiguy, le directeur général de la brasserie. Le fait de s’impliquer rend publiques des causes écologiques moins connues. Et on prend conscience qu’on empiète souvent sur nos territoires sauvages. »
Le Projet Rescousse a permis d’amasser depuis 2011 près de 73 000 $, et près du double depuis sa création en 1999, avec Jérôme C. Denys, fondateur de la microbrasserie Le Cheval Blanc. La rainette faux-grillon n’est pas la seule à en avoir profité. La Fondation compte 231 projets qui ont profité de cette aide financière, notamment pour le chevalier cuivré, le phoque d’eau douce et le grand pingouin.
Comme DDC, plusieurs brasseries s’impliquent pour des causes qui leur tiennent à cœur. Certaines développent des programmes d’insertion professionnelle. D’autres encouragent les producteurs locaux en ne produisant que des bières à base d’ingrédients locaux. Quand les brasseries s’impliquent, c’est la communauté et l’environnement qui en bénéficient.
« C’est intéressant de voir comment certaines entreprises vont au-delà de leurs activités régulières pour tenter d’influencer leur clientèle à une cause pertinente », note Marie-France Turcotte, professeure en responsabilité sociale et environnementale à l’Université du Québec à Montréal. La spécialiste s’intéresse notamment aux « enjeux des attentes sociales. C’est d’observer comment les entreprises répondent, ou pas, aux attentes sociales et aux pressions de mouvements sociaux et environnementaux. »
DDC répond aussi aux mouvements sociaux. La collaboration avec Projet Rescousse prenant fin cet automne, la brasserie a approché cet hiver l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS). L’organisme sans but lucratif produit et diffuse des recherches afin de contrebalancer le discours économique dominant de droite.
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