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Chronique

L’évolution de l’industrie du houblon au Québec

Bières et plaisirs m’a mandaté pour décortiquer la filière du houblon québécois. Dans le cadre de ce deuxième article, nous dresserons le portrait actuel de l’industrie. Commençons par un retour en arrière afin d’apprécier pleinement les plus récentes avancées!

Par Julien Venne, . 5 min de lecture.

L’évolution de l’industrie du houblon au Québec
Houblonnière Lupuline
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Coup d’œil sur l’histoire

Les historiens comme Catherine Ferland ont confirmé la présence de champs de houblon sur notre territoire dès l’époque de la Nouvelle-France. Du 17e au 19e siècle, les houblonnières suivent le développement de l’industrie brassicole. Un bulletin publié en 1948 par le ministère de l’Agriculture fait état des niveaux « remarquables » atteints par la filière québécoise dans les années 1890. Toutefois, ce même document mentionne que la culture aurait disparu du Québec au début du 20e siècle en raison de facteurs techniques et économiques.

Si l’industrie locale était si florissante à la fin du 19e siècle, pourquoi la production de houblon a-t-elle ensuite migré vers les états de l’Oregon et de Washington? Les explications écrites sont rares, mais la tradition orale fait état de défis agronomiques grandissants. L’incidence de maladies comme le mildiou et l’oïdium du houblon était en hausse au tournant des années 1900. Or, les outils phytosanitaires et les variétés disponibles n’étaient pas très efficaces pour contrer ces pathogènes. En contrepartie, le climat semi-désertique des vallées du Nord-Ouest Pacifique américain se prêtait beaucoup moins à l’essor de ces maladies. On dit aussi que les houblonnières du Québec ont peiné à s’ajuster aux besoins des brasseries, en constante expansion. Ces dernières se seraient donc tournées vers les grands joueurs américains pour simplifier leur approvisionnement. Finalement, il semble que l’industrie québécoise du houblon, alors concentrée en Montérégie-Ouest, aura été victime d’un manque de main-d’œuvre. On raconte qu’à cette époque, les travailleurs désertaient les champs pour travailler dans les usines de la région.

Il serait faux de croire que le houblon a été complètement rayé de la carte au 20e siècle. Toutefois, les rares entrepreneurs qui ont cultivé la pépite verte à cette période se sont butés à un manque de soutien technique et financier. En conséquence, la production était inefficace et peu rentable.

Une industrie à plat rejaillit de ses cendres

Au milieu des années 2000, plusieurs facteurs viennent bouleverser la donne. L’Association des Microbrasseries du Québec (AMBQ) prend du galon et se dote d’un plan d’action visant, entre autres, à consommer davantage d’intrants locaux. Cette période est faste pour l’AMBQ : le nombre de brasseries ne cesse d’augmenter et la bière artisanale jouit d’une popularité croissante.

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