Chronique
Fumer de l’orge dans le noir
Au 63e degré nord, dans la campagne de la région du Nord-Trøndelag en Norvège, un brasseur maison travaille encore plus fort que l’artisan moyen de chez nous pour confectionner sa bière. Il ne se contente surtout pas de brasser. Plutôt, comme le veut la tradition locale, il malte son grain lui-même, dans de petites malteries rarement plus grandes qu’un cabanon, avec des moyens rustiques qui, non contrôlés, peuvent semer la catastrophe. Et il exécute le tout dans la noirceur hivernale. Une noirceur qui domine le ciel près de 19 heures par jour à ce moment de l’année.
Par Martin Thibault, . 3 min de lecture.
Il n’y a pas de fumée sans feu ?
Morten Granas, brasseur réputé de la région, appelle toujours les pompiers pour les avertir lorsqu’il fume son grain. Les longues colonnes de boucane qui émanent de sa minuscule malterie, à quelques pas de la forêt, risqueraient d’attiser la peur s’il ne demandait pas la présence des sapeurs pour rassurer le voisinage.
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