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Chronique
La révolution brassicole
Par Philippe Wouters, . 4 min de lecture.
Lorsque je lis les articles de presse sur la bière, j’y trouve souvent l’expression « révolution brassicole ». J’ai d’ailleurs largement usé cette expression dans plusieurs de mes éditos et entrevues. Ce qu’il y a d’intéressant avec une révolution, c’est qu’on sait quand elle commence, mais on ne sait pas forcément quand elle se termine. Quand la révolution brassicole s’arrêtera-t-elle ? Je vous présente un petit bilan des avancées dans la culture bière du Québec.
Lorsque Laura Urtnowski, ancienne présidente de Boréale, raconte les défis qu’elle a rencontrés pour vendre sa bière de couleur rousse, on en rit aujourd’hui. Lorsqu’André Dion, ancien président d’Unibroue, témoigne de l’incroyable talent des grandes brasseries pour lui mettre des bâtons dans les roues, on sourit également. Ces deux pionniers du monde de la bière ont des dizaines d’anecdotes à raconter, qui sont le fruit de défis de tous les jours pour réussir à vendre sa bière. Cela se passait il y a plus de 25 ans.
Le marché de la bière artisanale voyait le jour, ou plutôt, revoyait le jour car il est important de souligner que les grands brasseurs ont, très longtemps, brassé des bières en s’inspirant des styles historiques, à la manière de nos microbrasseries d’aujourd’hui et que c’est à partir des années 1950 que le formatage du goût et les avancées technologiques ont défini un profil de bières plus douces... pour faire une histoire courte.
En 1985, c’était le début de la révolution micro brassicole au Québec. Tout le milieu se connaissait et quelques érudits se partageaient un marché presque confidentiel. Les microbrasseries se créaient au compte-goutte.
Une seconde vague, il y a 15 ans a secoué la province et offert un choix de plus en plus grand aux consommateurs. Des brasseries comme Dieu du Ciel! ont vu le jour. En 2002, le Québec comptait trois grands brasseurs, 20 microbrasseries et 11 brouepubs, soit 34 permis de brassage à travers la province. À titre de comparaison, Montréal héberge environ 30 permis de brassage en 2014.
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