Terroir et Plaisirs › Spiritueux
Fiche de dégustation
ROSEMONT TRIPLE SEC
Le zeste avant le sucre
Par Jean-François Pilon, . 2 min de lecture.
- Produit
- Rosemont Triple Sec
- Producteur
- Distillerie de Montréal
- Région
- Québec
- Type
- Triple Sec
- Format et alcool
- 375ml, 35 %
- Prix
- 18,75$
- Note
- 90 sur 100
- Où l'acheter
- SAQ : 15548722
Présence : 4 sur 5, de délicate à complexe
Corps : 4 sur 5, de léger à riche
Appréciation : 4 sur 5, de basse à élevée
Nez
Franc, immédiat, l'orange amère prend toute la place avec une petite pointe d'alcool derrière. Il y a du sirop, du zeste d'orange sanguine, et un brin d'épices en fin de course.
Bouche
Rond sans être lourd, une texture veloutée qui ne verse jamais dans le trop sirupeux. L'arrivée est sur le fruit : des agrumes clairs et du zeste, juteux et frais. L'amertume monte ensuite, suivie d'une acidité douce, et le sucre ne se manifeste qu'après, une fois que le reste a eu le temps de s'exprimer.
Finale
Le sucre, l'amertume, le zeste et l'épice tiennent ensemble un bon moment. Et honnêtement, c'est plus costaud que ce que les 35 % laissent croire.
PRÉSENTATION
Tout part d'une écorce d'orange amère, un fruit immangeable dont on ne garde que la peau. Les liquoristes français du XIXe siècle en ont fait le triple sec : macération, distillation, sucre ajouté avec retenue, assez pour arrondir sans masquer l'amertume. Le mot « sec » marque cette retenue, hérité d'une époque où on cherchait à s'éloigner des curaçaos sirupeux. Deux maisons s'en disputent encore la paternité : Combier à Saumur et Cointreau à Angers, et personne n'a vraiment tranché. Ce qui compte, c'est que la recette a traversé cent cinquante ans sans changer d'approche.
LE SAVOIR-FAIRE
La gamme Rosemont s'est bâtie sur les rhums, puis le gin, et le triple sec arrive comme la pièce qui manquait au bar. La maison annonce deux aromates : l'écorce d'orange amère pour la charpente, l'orange sanguine pour le relief et la profondeur. Le format de 375 ml et les 35 % d'alcool en disent long sur l'intention, c'est une liqueur de bar, pas une bouteille de digestif qu'on regarde vieillir sur la tablette.
SUGGESTION
La distillerie a imprimé sa margarita directement sur la bouteille. Suivez-la telle quelle : 60 ml de tequila, 30 ml de Rosemont Triple Sec, 30 ml de jus de lime, 7,5 ml de sirop d'érable. Agitez vivement, filtrez dans un verre à martini. Le sirop d'érable remplace le sucre ou l'agave qu'on met habituellement. Le sirop amène des échos de fumé élégants. Et si vous voulez juger le produit à nu, un gros glaçon et un zeste d'orange pressé au-dessus du verre.
L'APPRÉCIATION
On achète son triple sec sans vraiment regarder l'étiquette. Celui-là mérite qu'on s'arrête. Il a du zeste, de l'amertume, et il ne s'écrase pas derrière une tequila ou un cognac. À 18,75 $ pour 375 ml, le rapport qualité-prix est excellent. Le seul reproche, si c'en est un : le format part vite quand on reçoit...
Le zeste d'abord, le sucre en dernier. C'est tout ce qu'on demande à un triple sec.
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