Chronique
Un faux fruit qui ramène pourtant sa fraise!
Par Bières et Plaisirs, . 5 min de lecture.
Si l’on entend encore, à tort, que les bières aux fruits ne sont pas de vraies bières ou qu’elles ne sont appréciées que part la gente féminine, rassurez-vous, les bières aux fraises ne sont pas des bières aux fruits. En effet, la fraise fait partie des faux-fruits! Elle n’est qu’un réceptacle charnu pour ses véritables fruits, les petites graines collées à sa peau, les akènes. Alors non, les beaux arômes de la fraises ne proviennent pas à proprement parler du fruit, mais pour une bière, l’important c’est que ce soit bon!
Origines
Si la fraise est connue depuis l’antiquité, celle que l’on consomme aujourd’hui a une histoire bien plus récente. C’est au premier siècle que la fraise est mentionnée pour la première fois dans les écrits de Pline. Cependant, l’Ancien parlait de la fraise des bois. Celle-ci, répandue en Europe, en Asie et en Amérique du Nord, on la cueillait à l’état sauvage durant des siècles. Elle finit par être cultivée par les européens vers le XIVe siècle. C’est Jacques Cartier, au XVIe siècle qui a ramené des plants de fraisiers de Virginie du Canada; plants qui seront plus tard à l’origine de la plupart des variétés consommées aujourd’hui. En 1714, un espion français du nom de Amédée François Frézier, envoyé au Pérou et au Chili par Louis XIV pour espionner les fortifications espagnoles, rapporta des plans de Blanches du Chili, donnant de grosses fraises blanches. L’espion ayant ramené uniquement des plans femelles, il faudra attendre plusieurs dizaines de décennies pour que sa culture soit finalement tentée en Angleterre, mais sans véritable succès.
Cependant, en 1740, un botaniste du nom de Antoine Nicolas Duchesne observa que ces fraisiers, cultivar proches de fraisiers de Virginie, hybridaient naturellement pour donner une nouvelle variété : Fragaria ananassa ou fraisier ananas. C’est de cette variété que découle la plupart des fraises de table que nous dégustons aujourd’hui. Au Québec, les années 90 ont vu l’arrivée des fraisiers d’automne, ou plans à jours neutres. Ne tenant pas rigueur de la durée du jour, ces fraisiers, qui représentent 54 % de la production de fraise du Québec, peuvent ainsi fournir des fraises du mois de juin aux premiers gels d’octobre.
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