Chronique
L’argousier, le moins québécois de nos petits fruits
Par Bières et Plaisirs, . 5 min de lecture.
Véritable bombe vitaminée, l’argousier est pourtant encore trop peu présent dans la culture culinaire québécoise. Cependant, malgré une histoire très jeune au Québec, le petit fruit acidulé a très vite su séduire les brasseurs québécois. Aux arômes d’agrumes et de fruit de la passion, l’argousier a tout ce qu’il faut pour créer un pont aromatique entre bières et mets.
Origines
Bien qu’il se soit bien adapté à notre climat et qu’on le considère comme un petit fruit typiquement régional, il n’en n’est rien. On raconte que son origine au Québec remonterait seulement au vingtième siècle, quand des immigrants russes apportèrent les premières graines dans les cités minières abitibiennes. Son origine serait en fait partagée entre l’Europe et l’Asie où l’on y consomme le fruit depuis des millénaires, tant pour ses vertus nutritives que médicinales. Indigène aux pays de la mer Baltique, à l’Europe centrale, occidentale, de l’Est et méridionale, on le trouve tout autant de l’Iran à la Turquie, jusqu’en Chine et en Inde, en passant par le Caucase et l’Asie centrale.
Espèce rustique, on présume qu’elle fut l’une des premières colonisatrices de la végétation après le dernier maximum glaciaire. Favorisant l’enrichissement du sol en azote, de sa présence découle une colonisation végétale plus dense et plus variée. Utilisé dans la médecine traditionnelle depuis la Grèce Antique, on prête au fruit de nombreuses vertus médicinales.
Riche en vitamine C, E, A, B1, B2, F, K et P, en protéines, en acides gras saturés et insaturés, en acides aminés, en sucres et en hydrates de carbone, on lui prête aussi des vertus cicatrisantes, anti-ulcéreuses, préventives des maladies cardio-vasculaires, de l’hypertension artérielle ou des maladies coronariennes. On l’utilise aussi dans l’industrie cosmétique où l’argousier serait connu pour ralentir le vieillissement de la peau. De même, les vertus des feuilles d’argousier, dans le monde animal, sont aussi connues depuis la Grèce Antique, où elles furent longtemps employées dans le domaine équestre afin de favoriser une prise de poids rapide des chevaux, leur donner un pelage lustré et leur apporter vivacité. Pline l’Ancien en faisait lui aussi mention dans ses écrits dès le premier siècle de notre ère.
Aujourd’hui encore, résidus de fruits, feuillage et pousses sont utilisés dans l’alimentation animale. Encore sous exploité au Québec, et majoritairement pour ses fruits, l’argousier commence pourtant à intéresser fortement les chercheurs pour ses multiples bienfaits et pour la valorisation de l’arbuste au grand complet.
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