Bières et Plaisirs › Mythes et réalités
Chronique
Est-il vrai que l’on boit plus d’alcool chez soi qu’au bar?
Une rumeur se répand depuis le début de la pandémie de Covid-19 : la population boirait davantage à la maison qu’elle ne le ferait dans un débit de boisson. Un coup de sonde d’Éducalcool, atteste qu’une minorité (18 %) des Québécois(es) estiment que leur consommation d’alcool a augmenté1. Plusieurs facteurs sont invoqués pour expliquer ce sursaut de consommation d’alcool : le stress, l’ennui, la solitude aussi.
Par Mathieu Perron, . 5 min de lecture.
L’historien de l’alcool que je suis n’a pas pu s’empêcher de lever un sourcil devant ces hypothèses. Boire de l’alcool est loin d’être nouveau. Pourtant le discours entourant la surveillance, le contrôle et la régulation de la consommation d’alcool individuelle ont changés dans le temps. Comme aujourd’hui, c’est publiquement que les limites de l’acceptable et de l’inacceptable se négocient.
Justice et ébriété publique
Dans la plupart des sociétés d’héritage chrétien, la consommation immodérée d’alcool est considérée comme une activité dangereuse pouvant mener au péché, parfois mortel pour l’âme. La perte de contrôle va à l’encontre de la responsabilité de chaque individu face à ses actes et, à ses péchés… Durant une bonne partie du XVIIe et du XVIIIe siècle, en France et en Grande-Bretagne, un accusé pouvait de plein droit plaider en cour l’état d’ébriété pour se décharger de la responsabilité juridique de ses actes. Un voleur, un conducteur meurtrier ou même un violeur pouvait s’attendre à obtenir une réduction de peine, voire échapper à une condamnation par la simple évocation de son état d’ébriété au moment des actes. Le plaidoyer du type « Monsieur le juge, j’étais saoul » avait des chances de fonctionner dans une cour de justice.
Le XIXe siècle voit la montée du réformisme social dont participent les mouvements de tempérance. À partir de ce moment, l’ébriété, particulièrement sur la voie publique, est considérée comme un comportement asocial. D’abord l’apanage des pauvres et des marginaux, l’ivrogne devient un personnage dont la Cité doit se prémunir en l’enfermant au besoin.
Vendre de l’alcool sous conditions
La suite est réservée aux membres Premium
Cet article a plus de 30 jours : il fait maintenant partie des archives, réservées aux membres Premium. L’abonnement coûte 30 $ par année et donne accès aux trois univers, aux rabais chez les partenaires et au Concierge Terroir.
Aussi dans Bières et Plaisirs
- Un dépanneur du Bas-Saint-Laurent obtient le premier permis de bière en libre-service au Québec Actualité, 21 septembre 2026
- La Foire Brassicole du quartier Saint-Sauveur revient au parc Durocher les 25 et 26 septembre Actualité, 19 septembre 2026
- Beyond the Pale : la microbrasserie d'Ottawa qui a grandi sans cesser de s'amuser Chronique, 19 septembre 2026
- Sur le vif – L’IPA américaine : pas ce que vous pensez ! Vidéo, 18 septembre 2026
- La Grande Coulée souligne sa 10e édition du 18 au 20 septembre au Mont-Orford Actualité, 18 septembre 2026


Commentaires 0
Connectez-vous pour commenter.